CHAPITRE XVin
àfALL, GUifLLôflN ET ifARÂt.
Nous avons riViS en regard Montesquieu et Ro-
bespieire, rapproehoiis Getll de GmHatin et de i&farat
te Au milieu de Tagilaiion de la ivresse, i'Assenift blée patioaale poursuivait ses travaux. Le docteur u Guittotin, à une des séauces, vint lire un long s discours sur la réforme du Code pénal. Cette c( question préoccupait déjà les esprits, car l'auto cien échafaudage de la justice, venait de s'écrouu 1er. L'orateur proposa un seul genre de supplice ii pour tous les crimes entraînant la peine de mort, < et de substituer au lH*as * du bourreau l'action i( d'une machine. Il vantait fort l'avantage de ce ^ nouveau système d'exécution. « Avec ma ma- <( chine, dit gravement M. Guillotin, je vous fais a sauter la tête d'un clin d'œil, et vous ne souffrez a point. » L'Assemblée se mit à rire. Combien, «pj^rmi ceux qui avaient ri, devaient faire i*é- (( preuve de cette invention meurtrière I La philan- ^ tbropie du docteur Guillotin eut du succès dans le oc monde ; mais les hommes destinés à former un » jour le parti de la Montagne, étaient d'un autre « avis; il ne s'agissait pas tant, selon eux, de per- ■ fectionner la peine de mort. Marat, dans son « plan de législation, avait déjà fait entendre sur c< ce sujet le langage de la raison et de l'humanité. (( C*est une erreur de croire, disait-il, qu'on afréte « toujours le méchant par la rigueur des supplices :
— soie leur image est sitôt effacée I... L'exemple des • peines modérées n'est pas moins réprimant qae « celui des peines outrées (1), lorsqu'on n'en cou- « naît pas de plus grand. En rendant les crimes u capitaux, on a prétendu augmenter la crainte du « châtiment, et on Va réellement diminuée. Pre- « mièrement, c'est donner un exemple passager , et « i! en faudrait de permanents On a aussi manqué c( le but d'une autre manière. L'admiration qu'in&- (( pire le mépris de la mort que montre un héros exi< pirant, un malfaiteur souffrant avec courage y
< l'inspire aux scélérats déterminés Pourquoi
« donc continuer, contre les cris de la raison et les « leçons de l'expérience^ à verser sans besoin le « sang d'une foule de criminels. Ce n'est pas assez (( de satisfaire à la justice, il faut encore corriger « les coupables. S'ils sont incorrigibles, il faut tour- (( ner ieur châtiment au profit de la société. »
(Alphonse £squiros.)
Gall veut que le supplicié se sente souffrir; Guillotin invente la chose qui fait sauter la tète en un clin d'œil, Marat proteste et ne veut pas de la peine de mortl... Effrayant retour des choses de la terre I... Ce furent ceux qui combattirent pour le
(i) G'esl la pensée de Montesquieu et de Beccaria.
maintien de la peine de mort, et pour la guillotine, que la guillotine a atteints les premiers I*.. Toujours le taureau de Phalaris I...
Et M arat, qui ne voulait pas de la peine de mort, bravant les consciences révoltées, demandait encore cent cinquante mille têtes! II 0 Guillotin, votre philanthropie a coûté cher au monde ! . .. Quand votre exécrable chose tombe, savez-vousce qu'elle fait? elle prédispose au crime, et de plus, elle vicie
jusqu'à la santé publique : nous arriverons là. CHAPITRE XIX.