MORELLET
« Deux ambitieux disputent un trône. Le plus « fort l'emporte; il décerne peine de mort contre (< lés partisans du plus faible. Les juges deviennent « les instruments de la vengeance du nouveau sou- (i verain; et les appuis de son autorité. Quiconque c< était en relation, sous Hugues Capet, avec Charles (( de Lorraine, risquait d'être condamné à là mort, « s'il n'était puissant.
« Lorsque Richard IH, meurtrier de ses deux « neveux, eût été reconnu roi d'Angleterre, le grand « jury fil écarleler le chevalier GuillaumèCollingbum Ci (1483), coupable d'avoir écrit à un ami du comte « de Richemont, qui levait alors des troupes, et qui « régna depuis sous le nom d'Hfenri VII. On trouva « deux lignes de sa main, qui étaient d'un ridicule
<x grossier y elles suffirent pour faire périr ce cheva- « lier par un affreux supplice. Les histoires sont « pleines de pareils exemples de justice. »
(Voltaire.)
La peine de mort est noh-sëulement inutile, mais c'est encore la plus cruelle plaie qui dévore la société. Les peines atroces produisent précisément ce que Ton veut réprimer : on le verra à chaque ligne de ce livre.