‹ Le duel depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 60 sur 122 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

« Quare fremuerunt gentes, et populi « meditati sunt inania.

H Pourquoi les nations se sonirelles « assemblées en tumulte? Pourquoi les « peuples forment-ils de vains projets? »

Parce que Dieu est absent des cœurs des nations, et de l'idée des peuples. Si la religion avait l'empire qu'elle devrait avoir sur le cœur des hommes, cet état de guerre incessant, perpétuel, existeraitil sur la terre ? Par quel cratère doit passer l'homme pour étouffer en lui ce premier besoin de son être, pour en oblitérer jusqu'aux dernières traces? Et pourqupi? Dans quel but? Pour quelles fins? « Ils

«. feignent de ne pas croire en Dieu pour se dispenser « défaire le bien, aéit le roi-prophète, » lorsque c'est de ce seul bien que sort le bonheur moral qui est notre seul bonheur sur la terre \... Jésus en savait plus que Voltaire I nous dit Victor Hugo. Oui, certes, immensément davanti^el II a dit aux hommes ces éternelles vérités auxquelles on est bien forcé de revenir toujours, après la nuit du mensonge et de l'égarement I Dans une course rapide à travers les chemins pierreux de la vie, l'existence humaine commune ne va pas à quarante ans : Prenez les souffrances de Tadolescence, l'incertitude de cette existence jusqu'à dix ans; commencez là l'éducation jusqu'à vingt, pour ceux qui peuvent en recevoir, et c'est le petit nombre. Poussez-vous à travers la nécessité des nécessités jusqu'à quarante ans, pour ceux qui y arrivent, et vous vous serez déjà courbés sur la terre, vous l'aurez creusée pour y déposer les dé* pouiUes mortelles des auteurs de votre existence ! Vous aurez vu mourir ces êtres adorés des entrailles desquelles vous êtes sortis, père, mère, frères, sœurs, et vos amis aussi. Tout aura disparu sous le souffle de Dieu , comme nos joies menteuses et nos espérances vaines I !... Ambitieux des riens de la terre, au fond du calice de tous nos égarements, nous trouvons ce9# iens parce qu'il n'y a rien dans la vie, que la voie de la mort qui canduitLoà lesjoies sont

bien des joies, et Tespérance la réalité. Et cependant^ placez dans ce néant d'un jour^ dans cette fascination cruelle, le parricide, V infanticide, le meurtre de soi-même f le meurtre des autres, la guerre, le duel, réchafaud, cherchez une raison d'être à ces calamités, vous la trouverez dans ce seul mot:

« Irréligion!»

Quand Tbomme marche dans l'ombre de Dieu, il sait d'où il vient, et il sait où il va, et c'est cette science qui fait sa grandeur, sa force, sa majesté, à lui, ombre d'un rêve, fragile sensitive, à lui roseau, mais roseau pensant, selon l'expression de Pascal. Cette science de Dieu, ce cri puissant, cette récompense dans la vie réelle, après la vie menteuse, ne sont pas jetés par lui comme une guenille au vent des mensonges des choses.

« Celui qui n'a pas du tout de religion, c'est un if animal terrible qui ne sent sa liberté que lors* « qu'il déchire et qu'il dévore. »

(Montesquieu.)

de la peine de mort.

c( On a dit il y a longtemps qu'un homme pendu a n'est bon à rien, et que les supplices inventés pour

« le bien de la société doivent être utiles à cette « société. 11 est évident que vingt voleurs vigoureux, c condamnés à travailler aux ouvrages publics toute c leur vie^ servent l'État par leur supplice , et que « leur mort ne fait de bien qu'au bourreau que l'on i( paie pour tuer les hommes en public. Rarement les « voleurs sont punis de mort en Angleterre^ on les «r transporte dans les colonies. Il en est de même t dans les vastes États de la Russie : On n'a exécuté « aucun criminel sous l'empire de Tautocratrice « Elisabeth. Catherine 11, qui lui a succédé, avec c< un génie très supérieur, suit la même maxime. « Les crimes ne se sont pas multipliés par cette hu-ce manité; et il arrive presque toujours que les cou- « pableSy relégués en Sibérie, y deviennent gens de i< bien. On remarque la même chose dans les colo- «nies anglaises. Ce changement .heureux nous « étonne, mais rien n'est plus naturel. Ces condam- V nés sont forcés à un travail continuel pour vivre ; « les occasions du vice leur manquent ; ils se ma- <i rient, ils peuplent.

« Forcez les hommes au travail »

a vous les rendrez honnêtes gens. On sait que ce| c n'est pas à la campagne que se commettent leSj « grands crimes.

« On ne condamnait un citoyen romain à mourir « que pour les crimes qui intéressaient le salut de t rÉtat. Nos maîtres, nos premiers législateurs, ont et respecté lé sang de leurs compatriotes ; nous proc( diguons celui des nôtres. »

(Voltaire.)

u La première chose qui me frappe dans Texa- « men des lois pénales anglaises, c'est que, parmi « les différentes actions que les hommes sont sujets « à faire journellement^ il y en a cent soixante c( qu'un acte du parlement a déclarés crimes capi- « taux et irrémissibles , c'est-à-dire qui doivent « être punis de mort. »

(MiRABMU.)

Observations sur Bicélre.

« A la Chine > les voleurs cruels sont coupés en « morceaux (1) , les autres non. Cette différence « fait qu'on y vole, mais qu'on n'y assassine pas. — « En Moscovie, où la peine des voleurs et celle des « assassins est la même, on assassine toujours. « Les morts^ y dit-on, ne racontent rien.

(Montesquieu.)

« Il me semble que la loi pénale doit avoir en-

(1) Mais en bien petits morceaux, en rognures!

{Note de C Auteur.)

« core pour objet la réparation du dommage causé, « soit à la société , soit à l'individu , et que cette « considération doit influer beaucoup sur les déter- <( tninations des peines assignables à chaque infrac- « tion. II en résulterait, ce me semble, ce principe « fondamental, qu'au lieu de faire périr un coupac ble, il faudrait l'appliquer aux emplois les plus « avantageux à la société, plus ou moins pénibles, « et pendant un temps plus où moins long, selon le « degré du crime. »

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