Lothaire meurt empoisonné par sa femme
1099. Croisades : Le massacre fut tel, que les massacreurs eux-mêmes restèrent épouvantés!... Il y avait un pied de sang dans Jérusalem, le 15 juillet 1099.
1147. Louis VU brûle treize cents hommes dans Vitry. -
1140. Mutilation d'Âbailard.
1152. Louis-le-Jeune répudie sa femme adultère.
1187 à 1189. Philippe-Auguste accuse Richard de l'avoir empoisonné.
1149. Jean Sans-Terre tue de sa propre main Arthur.
1204. La croisade contre les Albigeois laisse bien loin toutes les horreurs' de la Saint-Barthélémy et celles de 93. Philippe-Auguste n'osa pas accepter le fruit sanglant de cette extermination I
1208. Institution de l'inquisition en France.
. 1248v Lois de saint Louis blâmées par le papç, contre les blasphémateurs.
1276. De La. Brosse accuse Marie de Bràbant d'avoir empoisonné le fils du roi, Philippe-le- Hardi. De La Brosse^ accusé par la reine, est pendu.
1282. A l'instigation de Pierre, roi d'Aragon, huit mille Françaissontégorgés, lejour de Pâques, 1282. L'histoire a retenu le fait, sous le nom de Vêpres Siciliennes (1).
1301. Massacre des Français à Bruges; quinze cents Français sont égorgés.
1311. Auto-dâ-fé des Templiers, par Philippele-Bel.
11 altère la Monnaie.
1315. Louis X fait pendre Enguerrand de Marigny, reconnu innocent !
13.41. Philippe VI, Clisson et dix autres chevaliers sont mis à mort sur un simple soupçon.
1345. Le peuple massacre Jacques d'Artevelle.
1350. Jean II fait exécuter le connétable, comte d'£u et de Guise, sans aucune procédure.
1355. Jean II fait exécuter devant lui, le comte
([) Le mot ciceri servait à reconnaître les Français qui ne pouvaient pas prononcer ce mol italien, el le mot chsceldende WriendL fut celui qu'on forçait les Français à pronoticer dans le massacre de Bruges.
d*Harcourt, Graville, Manbé de Alainantet Olivier Doubles, sans jugement.
1357. Marcel, prévôt des marchands, fait assassiner Robert de Clermont, maréchal de Normandie, et Jean de Conflans, maréchal de Champagne.
1383. Les Maillotains assomment les percepteurs des taxes, avec des maillets de fer.
1393. Assassinat de Clisson, grand-connétable, par Craon.
Ii07. Jean Sans-Peur fait assassiner le duc d'Orléans, une des plus grandes perfidies de l'histoire.
1419. Le duc de Bourgogne est assassiné sur le pont de Montereau .
1431. 30 mai. On brûle Jeanne d'Arc.
1461. Charles YII se laisse mourir de faim, par crainte d'être empoisonné par son fils, Louis XI.
1462. Louis XI fait empoisonner son frère et M""" de Monfaucon; quatre mille victimes sont exécutées. Le sang du duc de Nemours coule sur ses enfants I...
1520. François T' fait brûler les Huguenots à l'Estrapade.
1559. Rétablissement de l'inquisition, par Henri IL
1563. Poltros assassine le duc de Guise.
1572. Massacre de la Saint-Barthélemj.
1583. Le duc d'Anjou meurt empoisonné , en flairant un bouquet.
1588. Assassinat du duc et du cardinal de Guise.
1589. Jacques Clément assassine Henri III. 1610. François Ravaillac assassine Henri lY. 1617. Louis XUI fait assassiner le maréchal
d'Ancre; Galigaï, sa femme, fut condamnée à être brûlée.
1632. Le duc de Montmorency monte sur Téchafaud.
\6A2. Exécution de Cinq-Mars et de de Thoù.
1685. Révocation de TËdit de Nantes.
1757. Le pacte de famine LouisXV.
17931!!... La terreur rouge! du sang!
1813 ! I! La terreur blanche ! du sang \ et toujours du sang!
Terminons cette course à travers Thistoire, en citant une page du plus grand publiciste des temps modernes. On y verra des répétitions avéd ce que nous venons d'établir, mais ce sera la corroboration de notre pensée.
c( Sans remonter plus haut que le règne de « Charles VI^ jetez donc avec moi un coup d'œil « rapide sur Isf société existant en France à cette « époque :
a La minorité de Charles VI, en proie aux riva-
« lités de trois oncles paternels, est le règne des dé- <( prédations : juifs, fermiers, receveurs, sont mas- « sacrés. Le vertueux avocat-général de Desmarets <i est Iratné à l'échafaud, comme complice des se- « ditions auxquelles, au contraire, il avait opposé « Tautorité de sa vertu. Isabeau^ reine de France, « a poiir amant son beau-frère, le duc d'Orléans. Le ce connétable de Clisson est assassiné par Craon; « deux papes se disputent la tiare ; Benoit, p^pe « de Rome, prétend que Dieu a ôté la raison au roi « Charles YI, parce qu'il a soutenu Tanti-pape d'A- « vignon ; Clément, pape d'Avignon, déclare que le « roi a perdu l'esprit, parce qu'il n'a pas détruit c( Tanti-pape de Rome ; le duc de Bourgogne, rival ce du duc d'Orléans, marche sur Paris ; la reine Isa- « beau et le duc d'Orléans fuient à Melun ; le duc u d'Orléans, assassiné, et remplacé près de la reine « par le grand-maître d'hôtel, Bois-Bonrdon, sur- « pris à Vincennes avec elle, en flagrant délit d'a- « dultère; Bois-Bourdon, chargé de fers, appliqué « à la torture, révèle tout; il est précipité dans la « Seine pendant la nuit, enveloppé d'un sac de cuir, « avec cette inscription : t Laissez passer la justice « du roi. Isabeau, captive à Tours, délivrée par le « duc de Bourgogne, crée un parlement et fait « graver un sceau qui la représente ayant les bras « étendus vers la France, qui l'implore; elle établit
« sa cour él son parlement à Trbyes ; le duc de « Bourgogne s'introduit dans Paris, et y ramène la «reine Isabeau; les d'Armagnac sont massacrés ; « les rues, encore teintes de sang, sont jonchées de c( fleurs ; le roi Charles VI, qui a banni la reine « Isabeau, la reçoit avec la plus apparente etfusion. « La France, déchirée par la guerre civile, est en « proie aux étrangers; les Anglais s'emparent du « duché de Normandie ; ils marchent sur Paris. A « leur approche, h\ reine et le duc de Bourgogne, w tratnant le roi Charles VI à leur suite, s'enfuient «à Troyes. Le duc de Bourgogne, flottant entre « les Anglais et le parti du dauphin, est assassiné à • Montereau, par les Armagnac. C'est le troisième (T de ses amants que la reine Isabeau voit ainsi (( périr. Furieuse de cette mort, elle traite dans les « intérêts de Henri V, roi d'Angleterre, pour lui « livrer la France. Un traité est signé en 14-20, par « lequel il est réglé qu'Henri V épousera Catherine, « fille de Charles VI et d'Isabëau de Bavière, et, «qu'après la mort du roi, il succédera à la cou- « ronne ; qu'en attendant, il gouvernera la France « en qus^lité de régent. Ce renversement des lois « fondamentales est consacré par le parlement. a Les deux rois et la reine font leur entrée dans « Paris ; ils y sont reçus avec magnificence ; le dau- « phin, déclaré coupable de l'assassinat du duc de,
'Bourgogne, est exclu de la couronoe. Sous ce « règne, il j a deux rois, deux régents, deux conné- (( tables, deux chanceliers ; ce n'est pas l'anarchie c et l'assassinat dans la rue, mais c'est l'assassinat « et l'anarchie dans le palais. Qu'en pensez-vous? n Que pensez-vous de ce régime ainsi résumé par t Chateaubriand : a On voit marcher, tantôt sépac< rés, tantôt confondus dans ce siècle, les forfaits « et les amours, les fêtes et les massacres , l'hiâa toire et le roman^ tous les désordres d'un monde a réel et d'un monde 6ctif : l'imagination entrant « dans les crimes, les crimes dans Timagination. »
(Emile de Giràrdin.)
Nous nous arrêtons ici. Disons seulement que M. de Giràrdin a choisi une des moins mauvaises époques de notre histoire, et que., celle de François I" jusqu'à la mort de Henri IV présente un cahos sanglant bien plus effrayant encore I C'est dans un semblable milieu qu'a vécu la France pendant dix-neuf siècles .
Comme nous l'avons déjà dit, après avoir essayé de tous les crimes, de tous les forfaits, de tous les supplices^ ne serait- il pas temps de dresser les hommes'à essayer de Dieu, de la morale et de l'humanilé?