LA MÈRE II
celui où la victime réelle porte le châtiment, quand le véritable criminel passe devant la victime, et va la voir décapiter sur l'échafaud I (1 paraît impossible que notre législation, si imparfaite, ne soit pas soumise, à une heure donnée, à une sévère révision. Nous serons bref. Quel est le plus lâche^ le plus in- £lme, le plus atroce, entre le meurtrier, ou l'homme qui, drapé dans le mensonge, va jeter raffection dans un jeune cœur, et qui; au nom de cette affec-*
tien, arrache à sa victime la protection dont la couvrait sa propre honnêteté, pour la livrer à toutes les horreurs de la honte et de l'abandon! Il y a là, le meurtre I de plus la lâcheté, de plus le mensonge, de plus la perfidie IH.. Au moins^ protégez celle que vous avez perdue! Tendez-lui une main amie! N'abandonnez pas l'enfant qu'elle porte dans son sein ! Que le désespoir ne l'y fasse pas avorter, et qu'elle ne l'étoufFe pas s'il voit la lumière !
Faites donc des lois comme en Angleterre et en Suisse I!... Qu'il ne soit pas permis à la débauche savante, expérimentée, de semer le crime dans nos cités. Mais sait-on bien ce qu'otlre notre société?
En 1825, UO infanticides!... En 1826, 132 infanticides !
Dans 243 garnis, qui contenaient une population de 6,000 locataires, la police a reconnu un tiers de femmes se livrant au vol et à la prostitution I
En 1784, 40,000 enfants trouvés.
Il y a plus de duels en un an en France que dans toute l'Europe en vingt ans!... Dans un petit nombre d'années, il y a eu 71 ,000 suicides. Ajoutez à ce tableau les têtes qui tombent chaque jour, et de-
maûdoDs^notis bien si cet étal de choses n'a pas assez duré> et s'il n'est pas grand temps d'intervenin
c< L'infanticide est encore le résultat presque H inévitable de l'affreuse alternative oii se trouve (c une infortunée qui n'a cédé que par faiblesse, ou c qui a succombé sous les efforts de laviolence I (1).
« Le meilleur moyen de prévenir cette espèce .de « délit serait de protéger, par des lois efficaces, la K faiblesse et le malheur. »
BfiCCÀRIA.