‹ Le duel depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 86 sur 122 · DIRU, L'HOMME ET LE CRIME · texte numérisé non relu

DIRU, L'HOMME ET LE CRIME

« Laissez passer la justice du Roi!...

« Laissez passer la justice du Peuple!

Ont dit les Rois et les Peuples ]...

Nous disons : Laissez passer la justice de Dieu ! Justice delà lerre, supplices et longues tortures,

bourreaux, efforts humains^ qui ont fatigué jusqu'à

la guillotine de Sanson, jusqu'à la barre des tour- Ci) Nous tronquons la citation de Beccaria; nous craindrions de

diminuer l'horreur, raborninalion de rinfanlicide, dans un livre où

domine l'idée de la Divinité (...

(NoiedeCAvieuf,,)

mçntetirgy maculée dit sang des coupables, et trop souvent, hélas, du sang de l'innocent I effrayants spectacles qui placent sur l'échafaud le dernier mot, la dernière raison de la société, vous ne servez qu'au ma/^ vous ajoutez au mail Si, au lieu de ces terribles sgppareils, enfantés par l'indignation et la vengeance sociale, appareils qui ne remédient à rien, et qui ne servent qu'à associer les bons aux désordres des méchants ; si, au lieu de ces bouche- •ries de sang-froid, qui, par l'horreur qu'elles produisent, sèment éansnos cités des maladies cruelles, qui atteignent les innocents, boucheries légales qui corrompent nos mœurs, pervertissent la moralité publique, on voulait croire au grand architecte de l'Univers, et

a Laisser passer la justice de Dieu! »

au lieu de laisser passer toujours et en vain

« La justice du roi;

(( Ou la justice du peuple, »

l'histoire, cette grande mémoire de l'humanité, l'histoire est là pour l'attester, les bons et les justes pourraient se laver les mains des crimes de la terre, et vivre de Dieu, de religion, de morale et de charité, sans rester désannés, contre les atteintes des méchants, que cette méchanceté soit intelligente ou en démence I

Faites disparaître le criminel du sein de là société qu'il a outragée I...

Dans des colonies pénitentiaires, forcez-le à ce travail régénérateur, qui donne la santé, la force et la moralité aux hommes/ à l'agriculture, et « Laissez passer la justice de Dieu. »

Au criminel ; ON PRÊTRE , UN MÉDECIN ET LA CHARRUE.

Sur mille criminels, le prêtre de Dieu^ l'homme de la science, et le travail de la terre, vous en referont neuf cent quatre-vingt*dix*neuf hommes de bieni

Eh quoi ! celui qui a mesuré les profondeurs de l'infinij, le vide de l'espace ; celui qui, mathématiquement, a toisé, arpenté l'Univers, son Univers, selon l'expression de Copernic!... celui qui a créé tant de mondes divers, et qui en recueille tous les bruits ; qui, chaque jour, alimente tant de soleils ; celui qui a pétri sa matière, qui a assis la terre sur un fleuve de feu, en éternelle ébuUition, et qui conserve cette terre ; celui par qui l'homme est, croit, aime, pense, et qui, malgré lui-même, est nécessité à être, à croire y à aimer et à penser; ce Dieu éternel de Moïse, de Jésus-Christ, de Socrate, d'Épictète, de saint Louis, de Newton, deFénelon,

de Jean Jacques Rousseau et de l'abbé Mitraùd ; ce Dieu des prophètes, nous^ poussière vaniteuse, nous, voyageurs égarés et d'un jour, sur la terre, qui n'est pas notre patrie, nous Taccusons , par la cruauté de nos lois, d'avoir abandonné le monde moral au néant de notre faiblesse humaine, quand nous reconnaissons tous, que le monde matériel accuse invinciblement sa puissance sans bornes, et sa sagesse infinie III

Nous portons contre lui un arrêt d'impuissance, en superposant notre justice sanglante, dangereuse, nuisible, à sa justice éternelle et infaillible, comme son éternité.

Si la société laissait passer la justice de Dieu sur le cœur du criminel, son acier lui semblerait assez acéré pour supprimer l'acier de Téchafaud.

Et qui donc sur la terre a échappé à cette justice, nous laissant effrayés du secret qu'il a gardé de la justice du CielK,.

« Quel est donc ce Roi du ciel, disait un roi bar- « bare, qui fait ainsi mourir les rois de la terre. »

« C'est le Roi de F éternité ^ »

et la justice des hommes veut briser dans ses mains le

sceptre du monde réel, du monde immatériel, en se

chargeant de ce que lui «seul a le droit de donner :

« LA mort! »

Et nous aussi, nous laisserons notre trace sur la

terre; et nous aussi, comme Isaac Lange , comme Elisabeth de Russie» nous invoquerons

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