PSAUME XIX
D'^IDDD D^DtS^n Haschamam messaperim.
« Les cieux annoncent la gloire du Tout-Puis- « sant, et le firmament publie Touvrage de ses
a mains. Le jour (mrlé pour le jour qui lé suit, et la « tauit nous donne connaissance de celle qui lui suc« « cède, sans discours et sans parole, et sans faire a entendre leurs voix.
Qui est-ce qui a tracé ces sublimes paroles d'amour et de vérité? Qui est-ce qui a poussé devant l'arche sainte tant de cris de remoi^ds? N'est- €Q pas un grand coupable ? On roi coupable ! Le grand poète de Dieul Celui qui vous dit : « Marchez (( dans la vie de manière à pouvoir présenter à Dieu « voire âme sur votre main I » C'est ce coupable, dont vous chantez les hymnes saints à celui qui tourmente la conscience, et qui pardonne aux remords!... Ce roi coupable est devenu un saint:
« c'est DAVID I »
Ouvrez l'histoire, consultez l'épouvantable écho des gibets, des roues et des guillotines, et vous verrez si les remords ont fait défaut à cette heure où les passions faisant silence, à cette heure où les monomanies , l'ignorance et la faim se taisaient , l'homme, redevenu homme, ne s'est pas ployé sous la verge de Dieu; s'il ne s'est pas prosterné, s'il n'a pas prié, pleuré, gémi comme David I
« Laissez, laissez passer la justice de Dieu! »
Regardez ce vieillard, à l'œil fauve, aux épaules voûtées, aux larges mains L,. Dans chaque ride de
son front flétri, il y a une légion de crimeâ! C'est la plus scélérate conception de Thumanité ; la férocité la plus froide, la plus réfléchie! La putréfaction romaine s'idéalise dans ce monstre ! Suivez-le dans les Aiéandres tortueux de sa conscience de païen III Il regarde la terre, comme la bête immonde, condamné à n'oser pas regarder le ciel ; ce maître du monde, dans des nuits sans sommeil (le crime ne peut pas dormir), remplissait de ses cris les antres de Caprée.
H Remordere!... Remorderel... Remords! Rec< mords! criait^ily vous me faites des supplices que « je n^ ai jamais fait subir à aucune de mes victimes^ « moi y Tibère \ Les filles de Séjan se dressent de- « vanl moi, sanglantes et écheveléesl
« Laissez passer la justice de Dieu I »
Quel est cet enfant, au front pur et large, jeune comme Charles IX^ poète comme lui, mais marchant dans sa force et dans sa liberté? Cet enfant s'appelle le Crime \... C'est Tincamation du crime|; c'est rhomme-crimel... Ce n!est pas un vulgaire scélérat que cet enfant! L'ignorance et la Cajim, affolant sa raison, ne le poussent pas au crime I L'or du monde, égorgé par Rome, est à lui. Le monde est son domaine ! . . . Cet enfant est empereur, il est César !
Dix fois parricide, dans des essais infructueux pour tneTsamère; un m, qui, dans toutes les hor-
reurs de Thistoire des hommes n'a jamais eu d'écho après loi, et qui n avait jamais retenti avant dans les cinquante siècles qui ont passé sur les crimes de la terre, un cri s'est fait entendre I!I... « Ferris ventrem /. . »
Frappe au ventre, pour le c punir d'avoir porté un pareil monstre ! » s'écrie sa mère ^ au centurion chargé de l'égorger. Cet homme-crime, c'est Néron*
Néron, parcourant à grands pas les retraites solitaires de son palais d'or et de marbre, reculant devant le fantôme agitateur et insaisissable qui lui criait :
« Agrippine I Agrippine I »
tombant sur les dalles de marbre, muets témoins de tant de forfaits, couvert d'une sueur froide et mortelle, se débattant contre les morsures de sa conscience, sous les étreintes de Dieu, enfonçait ses ongles dans sa propre chair !
Oh! laissez passer, laissez passer la justice de Dieul
c J'ai commandé sans peur, et j'abdique sans crainte. »
Scylla , quand de tout ton corps en putréfaction fuyait cette vermine odieuse, dont la colère du Seigneur fit grâce à l'Egypte, au milieu de toutes ses plaies , l'humanité comprit quelle main tenait la verge qui te frappait.
« Laissez passer la justice de Dieu I » Enfant d'un Néron féminin, d'une race pétrie dans les crinoiesi) dans les vices^ le fils d'une femme dont la devise disait le cœur :
t Soit, pour?u...i »
Soit, pourvu que je règne et gouverne!... Les oubli(?llevS du Louvre, qui conduisaient à la Seine, à côté du bourdon qui sonnait la charge de la Sainl- Marthélemyl... Les poisons et le poignard... Soit, pourvu.... Ce fils, né avec des instincts heureux , chassant aux Huguenots du haut de ce balcon doré (jue vous voyez chaque jour, visant et tirant juste, à vAié de son frère, le duc d'Anjou, qui criait : « Tuez I tuez I »
Prêtez Toreille, c'est Charles IX qui crie et qui meurt, c'est l'enfant qui crie, et si fort et si haut, que l'histoire a entendu ses cris, et qu'elle les répète à lapestérité.
i Nourrice I nourrice I que de sangl... que de (( meurlresl... Quels mauvais conseils j'ai suivis I Je <( suis perdu, je le vois bien I... »
Et de chacun de ses pores sortait une goutte de sang, en restitution de tout ce sang qui coulait sous ses yeuxl
ce Laissez donc, laissez donc passer la justice de « Dieu! » .•
H A hone, a hone far a kmgdonu « Un cheval, un cheval pour un royaume! »^ (Sraskpearb.)
« De profundis cUmadt in déserta, m