‹ Le duel depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 91 sur 122 · CHAPITRE XLI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLI

QUE PAR BBSPECT POUR DIEU ^ IL FAUT CROIRE QUE LE GRIME c'est LA DÉMENCE.

« 87. Dieu donc créa l'homme & « rimage de Dieu. »

(La Gbnèsb.)

« n est des situations irrésistibles qui brisent « toute liberté de penser; il est des états de vertige « amer, de fascination cruelle, où rhomme est, s'il « est permis de parler ainsi, dépouillé avec violence « de la responsabilité de ses actes ; le chrétien le « sait, et, dans sa prière de chaque jour, il deu mande à Dieu de lui épargner de telles épreu- « vesl... y>

(Ballanche.)

Quand la terre entière se lèverait contre nous, faibles que nous sommes, pour protester contre Celte pensée :

« Que le crime, c'est la démence, »

nous persisterions dans notre opinion, ne pouvant renier Dieu, et ne pouvant pas renier non plus notre qualité d'homme I

Nous traitons ici une question bien ardue, bien difficile; il faut que les pensées soient des chiiïres;

il faut la vérité dépouillée de tout secours artistique ; il faut enfoncer tout le poiqg dans la plaie, pour que >le doute disparaisse : nous le savons, et nous agirons en conséquence^

L'ABBÉ MIÎRAÛD.

« La loi humaine ne peut être que l'expression « du droit, un témoignage rendu au droit, qui, dès « qu'il est connu, devient un devoir de justice. Le « droit est le titre inaliénable de chaque ihomme à «t la satisfaction de tous ses besoins de création. Les H besoins de création dérivent dç la loi des êtres, c< et la loi des êtres constitue leur essence, car on (( ne conçoit pas un être sans la loi ou sans sa con- « dition d'être. L'homme n'est pas le créateur de « l'essence des êtres ; il n'est donc pas le créateur « de leurs conditions d'être, de leurs lois^ de leurs (( besoins, de leurs droits. Rien ne surprend autant (( ma pensée, rien ne consterne autant ma raison, (( que la conviction universelle qui attribue à c< l'homme, à rhumanité en général, la puissance « législative. L'humanité entière , réunissant ses « forces pendant des millions de siècles, arrive- « rait-elleàune puissance législative suffisante pour (( déterminer les conditions d'être^ les lois d'un « insecte? Si je disais à un roi delà science : << Puisce que vous êtes souverain, usez largement de votre

« puissance législative; tracez à cet oranger des (< lois ou dés conditions d'existence faites ; faites-le « naître ou croître dans mon appartement, n n ri- « rait de ma folie. Notre empire sur les animaux, « sur les plantes^ sur tous les êtres irrationnels, n'a « guère d'autre action sur eux que de les dé- « truire« »

La société ne peut donc pas détruire là loi de chaque être^ sa nature, son entité, ses droits, ses besoins de création^ selon l'expression de M. l'abbé Mitraud^ mais elle peut détruire Vêtre, et c'est ce que fait l'échafaud, parce que le malheur ne permet pas que, chaque être reste dans la nature de son être, et que Dieu veut qu'il y reste forcément. Dans cette position af&euse, l'homme a faim, il a froid^ il est humilié'! Il voit sa femme et ses enfants avoir froid et faim!... sa raison s'égare ! et, dans l'égarement de sa raison, il s'arme contre la société I... il tue, et la société lui répond par l'échafaud.

L'ABBÉ MITRAOD.

« Nous avons le pouvoir de détruire, nous n'act vous pas celui de créer^ précisément parce que « nous ne sommes pas législateurs, parce que la loi « des êtres ou leurs conditions d'existence ne déa rivent ni de notre raison, ni de notre puissance. • La connaissance des êtres^ et leur conservation

« sont le résultat de lois mystérieuses que nous . <i voyons s'accomplir tous les jours, mais [que nous « ne comprendrons jamais, bien loin de les avoir « faites. »

c< N'ayant aucune puissance législative sur les u êtres soumis à son empire, comment Phomme (( prétendrait-il en avoir sur son semblable, qui ne . « dépend en rien de lui, qui^ comme tous les autres « êtreS; a reçu en naissant ses lois toutes faites, aux-' a quelles rien ne peut être changé sans qu'il s* altère iê ou qu'il meure. Le maintenir dans ses lois natu* « relies est donc Tunique droit. Tunique devoir des « législateurs et des gouvernants. »

Et quand Tbomme n'est plus devant ces lois toutes faites^ qu'il est rejeté violemment hors de ses lois naturelles 9 il s'altère; et quand il s'altère, on le guillotine . Et c'est l'ignorance et la misère qui l'altèrent.

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