‹ Le duel depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 90 sur 122 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

QUE SI LE CRIME À UNE CAUSE, c'eST CETTE CAUSE qu'il faut DÉTRUIRE, ET LE CRIME SERA DÉTRUIT.

Abordons la grande question qui établit l'utilité ou l'inutilité de la peine de mort. Éloignons de nous

toute préoccupation étrangère à la réalité de l'état de la question. Point de parlage, point d'esprit, point de phraséologie, point d'arguties, mais Dieu, sa réverbération, la conscience humaine, la raison, la logique, la vérité.

Il y a vingt ans que les idées que nous allons émettre, et celles que nous avons déjà émises, fermentent dans notre âme de croyant ! 11 y a vingt ans que nous disions au roi Louis-Philippe, qui était contraire à la peine de mort, et qui lui avait arraché son père :

(c Pour que la peine de mort pût produire un « effet salutaire^ pour qu'elle fût unte ulilitéy il fau- « drait que les hommes commissent les crimes />ar << plaisir f par bonheur, par luxe, par recherche de i( jouissances, et qu'en exposant à leurs yeux le <( suppliced'uncriminel,on travaillât, par l'exemple , a à les ramener aux sentiments vrais de leur nature. « Pour que la peine de mort fût une utilité, il fau- « drait que le crime fait l'effet d'un simple caprice. »

Mais il en est tout autrement, et c'est ce que nous allons tâcher de démontrer.

La société^ la vie sociale, a été aussi bien imposée à l'homme par Dieu, que la vie elle-même. L'état de sociabilité n'est que la conséquence rigoureuse de la nature de l'homme, un fait invincible de sa création.

La société ayant été imposée à rhomme, (out ce qui tend à porter atteinte à l'existence de cette société ne saurait être assez réprimé, ne saurait être assez puni. Il faut la sécurité à la religion, à la famille, aux lois, aux arts, aux sciences, à la paix imblique, au principe civilisateur, en un mot.

La civilisation, c'est le plus grand développement des principes constitutifs de l'homme ; c'était l'opinion de Napoléon.

La moralité.

L'intelligence, L'affection ,

Morale, intelligence, amour, voilà l'homme tel que Dieu Ta fait. Et si les lois de la terre ont gâté l'œuvre du Ciel, que les hommes n'en accusent qu'eux-mêmes ! Tel que nous définissons Thomme, tel nous sentons que nous sommes, tels se sentent tous les hommes, et tel le définit la science.

Et s'il faut prouver ce que chacun trouve écrit au fond de son cœur^ prou vous- le. Nous voudrions pouvoir chiffrer notre dialectique.

Un enfant tombe dans l'eau, un voleur, un assassin, suant encore du travail du ifol, ou du crime atroce, sautera dans l'eau pour sauver cet enfant!...

Il n'est pour rien dans cet électrique mouvement de sa création, Dieu y est pour tout. Cela est opéré

par la nature constitutive de l'homme. T^ premier mouvement, le mouvement de Dieu.

Qu'au milieu de nos carrefours, un brutal frappe une femme ou un enfant, chacun de nous, poussé comme par un ressort, sans réflexion, sans jugement aucun, bondira comme un lion, pour défendre cette femme ou cet enfant. Qu'un misérable, un grand misérable, assomme un cheval ou un chien, l'indignation publique se fait jour et proteste ! Tout cela est spontané, tout cela est inné dans l'homme.

Sonne le tocsin de l'incendie, qui donc compte avec le danger et la peur, chacun veut sa place au feul... Ceci est dans tous les cœurs/ et cette moralité innée est si profonde, si divine dans l'homme, que tout ce qui s'en éloigne, même sous la protection des lois, est frappé d'une horreur naturelle, qui conduit, envers ceux qu'elle atteint, jusqu'à Tinjustice relative.

On a vu ce que dit Beccaria, au commencement de cet ouvrage, sur Vhorreur qu'inspire le bourreau, et nous répétons ici ce que dit Diderot : c Le € mépris, légitimement fondé pour les exécuteurs a de la justice^ mépris dont on ne saurait se garan* « tir, mépris général de toutes les nations et de tous « les temps. — Aversion pour les fonctions de juge « criminel, aversion que toute la raison ne saurait « vaincre, fonctions nécessaires, et pour lesquelles

c< une âme un peu sensible De comprend pas que Von » putese trouver quelqu'un. »

(Diderot.)

« Voilà l'origioe, dit PierquÎD, de cette aversion « fuDeste de la plupart des citoyens^ contre Un corps « d'élite, le plus utile et peut-être le plus respec- (( table de tous. Nul doute, en effet, que cette aver- « sion, dégénérant en crainte, en horreur ou en c< mépris, ne disparut dès le moment que les gen- « darmes, exclusivement occupés de la tranquillité « publique, abandonneraient la garde des échafauds « et des patients qu'ils garrottent. »

(Peerquin.)

Et comme assurément la moralité est innée dans l'homme, le besoin d'aimer, est chez lui un besoin de création aussi, un besoin inné, un impôt de sa nature^ payé àsa nature. 11 n'y a pas d'atroce brigand, de sicaire qui, au fond de son cœur, n'ait une fibre dolente, soit pour sa mère, pour sa. sœur, pour sa femme, pour un chien. ,

Il n'y a jamais eu de bandit italien, ou de saltéador espagnol, qui ne prélevât deux primes sur le butin du crime, pour en doter l'autel de la Vierge, et pour orner l'objet de son affection. Gardons-noiis de rien confondre, séparons les crimes des fana-

tismes, des crimes que nous appelons le crime- Lacenaire, le crime pour voler^ mais établissons quatre formidables noms, et on restera convaincu qu'une aiTection quelconque reste toujours debout dans le cœur de l'homme I

Danton était un être éminemment aimant; il aimait jusqu'à la passion ces belles fleurs qu'il cultivait de ses mains. Il a aimé jusque sous la hache de Sanson, et il lui a crié : « Tu veux donc être plus « crud que la mort; lu n'empéçhéraspàsnos têtes « de s'embrasser tout à l'heure dans ton panier. »

Robespierre a aimé^ et Saint-Just n'a jamais haï!... Le plus aliéné de 93, Marat, avait la pas-< sion de Robert T' de France, et de saint Vincent de Paul I Comme Louis XYI, sa joie, sa grande félicité, consistait à secourir, à protéger les faibles et les malheureux I...

Sanson, ce géant) ce grand-maître de la guillotine, Sanson, dont les mains ont pétri la tète dé cinq mille hommes, Sanson aimait les fleurs.

La seule colonne inébranlable de la société, la seule vraie protection qui conserve la société, c'est le principe affectif. La mère, l'amour de la mère, 'est une véritable réverbération de Dieul... 11 est impossible de ne pas croire en Dieu, devant le dévouement maternel I

Le père courbe son dessous le faix, pour nourrir

son enfant^ et les baisers de cet enfant le consolent, le soir, des peines de la journée I Le frère accourt au cri du frère, Tami au cri de l'ami, tout cela est l'œuvre de Dieu 1

L'intelligence croit et monte I... Elle croîtra et montera jusqu'à ce que la pensée de la terre soit à l'unisson de la grande pensée du Ciel. Ceci établi, répétons qu'il est invinciblement nécessaire que tout ce qui porte atteinte à la morale, à raffection, à l'intelligence, soit impitoyablement réprimé. Que l'œuvre de Dieu, la société, doit être sauvegardée I que l'homme paisible doit être sauvegardé, mais non pas comme l'entend et le fait la société»

Faut-il que, pour réprimer les crimes, la société se suicide, s'immole, s'ampute elle-même I Si réckafaud est Vécole du crime et de la cruauté, s'il inspire le crime, s'il détermine la monomanie homi-^ cide, s'il enseigne le crime, sHl détruit tout sentiment d'humanité ; si, pour punir le méchant, on frappe V innocence en pervertissant le cœur; si la publicité des supplices porte une atteinte fatale à la morale et à la santé des citoyens ; si enfin la peine de mort est un grand mal social, si elle détruit la morale, si elle porte atteinte à l'intelligence, si elle dessèche le cœur et détruit l'affection, détruisez l'échafaud, car la société repose sur la morale, l'intelligence et l'af-fection !

Le crime a une cause, ou bien il n'a pas de cause ; s'il a une cause, recherchons cette cause, et s'il n'a pas de cause, établissons que c'est la démence. Mais hélas, le crime, ce crime pour lequel les hommes sont impitoyables ; le crime pour le ro/ a une cause, et une cause étemelle^ depuis l'éclosion de l'humanité ; tout le monde le sait, tout le monde le déclare, c'est V ignorance et la misère!... Tous les autres crimes appartiennent à un ordre de choses qui implique des circonstances atténuantes de la part des jurés. L'amour, le fanatisme politique, le fanatisme religieux, la colère, l'ivresse : et si cette cause pousse invinciblement au crime depuis l'éclosion de l'humanité, depuis cette même éclosion aussi, la société, effrayée, ramasse le gant que lui jette le crime, et tue, tue, tuel 11... Mais quelque beau* coup qu'on ait égorgé de criminels dans le passé, quelque beaucoup qu'on en égorge dans l'actualité, et centupla-t-on ces boucheries dans tous les siècles des siècles, qui atteint-on en guillotinant le criminel dont nous parlons? L'agent^ V instrument, le criminel, oui, eh bien! autant vaudrait guillotiner le couteau dont il s'est servi, car l'assassin est à la cause ce que le couteau maudit est à l'assassin. C'est la cause qu'il faudrait guillotiner, c'est l'ignorance et la misère qu'il faudrait détruire! Qu'est-il arrivé, qu'arrive-t-il, et qu'arrivera-tnl de cette

promiscuité? Que cela a été toujours à recommencer, et qu'on recommencera éternellement^ jusqu'à ce qu'au lieu de détruire la cause du crime, la société ne détruise que FefFet.

Philippe II, le scélérat, qui fit mourir son propre fils, promit vingt^cinq milte écus et ta noblesse, à quiconque tuerait le prince d'Orange.

L'ignorance et la faim sont le Philippe II du criminel : elles poussent au crime I

Le bourreau peut tuer dans le présent, comme il l'a fait depuis les soixante siècles que Dieu a absorbés, jusqu'à nos jours, et hacher la chair éternellement, on n'empêchera pas la faim et l'ignorance de mugir. La hache du bourreau coupe la tète des hommes, Sanson en a coupé cinq' mille, et le bourreau de Rouen deux cent trenteune; mais ces immolations n'ont point développé l'intelligence de ceux qu'on tuait, ni de ceux qui regardaient ces immolations ! Aussi les criminels de la classe dont nous parlons, sont-ils aujourd'hui ce qu'ils ont été autrefois, ce qu'ils se^ ront toujours, tant que la cause restera debout.

L'histoire est là, palpitante d'exemples terribles, qui prouvent jusqu'où cette terrible misère, la faim, peut pousser Tanimal humain; car, là, l'homme n'est plus qu'animal I Malesuada famés I

La mère mange l'enfant de ses entrailles, pour

étouffer la faim de ses entrailles, et meurt après cet effrayant festin. Ce qui a eu lieu au siège de Jérusalem, a eu lieu à Paris et à Sancerre I

Quand un homme voit sa mère^ sa femme et ses enfants souffrir de la faim^ demandez à Victor Hugo ce qu'il fait? Hugo Vous répondra : Lisez Claude Gueux. Combien de milliers d'hommes, comme Claude Gueux, voient leurs mères, leurs femmes et leurs enfanta avoir froid et faim I Et aux sourdes rumeurs de la faim, l'ignorance apporte sa menace et son grognement ! Cette ignorance agit sur le criminel, comme elle a agi sur ceux qui ont brûlé tant de sorciers et tant de sorcières : Urbain Grandier, Galigali, des milliers d'autres ! ! I

On comprend, du reste, par quelle fournaise ardente le criminel dont nous parlons a dû passer pour arriver au* crime, puisqu'il a dû dépouiller tous ses besoins moraux de création, avant de planter son couteau dans le cœur de la victime.

Il doiit détruire sa qualité d'homme, étouffer dans son cœur tout ce que Dieu y a mis : L'intelligence, ' L'affection, La morale.

C'est-à-dire tout lui-^mêm^ ! Il faut une cause terrible à un effet terrible!... la puissance de Dieu au fluide électrique; l'immense putréfaction des

rives du Gange, au choléra ; la poudre et la mitraille dans rame du canon ; la calenture de Tigno^ rance et de la faim au crime I Oh I quel tableau déchirant que celui du malheur qui conduit au crime I...

T^ religion^ la charité, la bienfaisance, l'honneur dans tel cœur; Tirréligion, le meurtre, l'assassinat, le vol dans tel autre! Pourquoi cela? D'où vient cela? N'y a-t-il pas une cause? Accusera4*on Dieu d'avoir créé des âmes pour la vertu, et des âmes pour le crime ? A-t-il dit à celui-ci : « Tu c seras vertueux, » et à celui-là : « Tu marcheras « dans le crime? » Non I la cause du crime, c'est toujours l'ignorance et la misère? A qui la faute? Est-ce au pauvre qui vient nu sur la terre, qui croit dans la misère et l'ignorance, ou à Tirréligion qui lui refuse l'éducation morale, la connaissance de la religion et tous ses droits de création? Ces droits lui étant refusés, c'est l'animal qui va au crime, et non l'homme, et du crime à l'échafaud. Que peut chercher le criminel dans le crime? le bonheur? vous savez que non ; c'est l'apanage de la vertu ! le plaisir ? quel plàisif, devant le fantôme du gendarme, de la cour d'assises, de la fatale toilette et du bourreau ? Mais est-oe que quelqu'un ignore que le chaland del'échafaVid, c'est le pauvre I que c'est l'ignorant!

Puisque c'est la faim et Fignorance qui font qu'où coupe le cou au pauvre dënudéi plaçons-nous entre la faim et Téchafaud, et Dieu bénira cette terre trop longtemps abreuvée du sang des assassinés et du sang des meurtriers I

La peine de mort n'est que la dernière insulte que lë malheur fait au malheureux 1! Otons cette dernière insulte , et il en restera bien assez encore aux pauvres de la terre I

Donnez un franc par jour y vous tous qui le pouvez ; et nous aurons des millions que nous verserons dans les mains de nos magistrats et nous ferons plus en un jour pour la morale et la société que les quatrevingt bourreaux de France dans cent ans, avec leur couperet, leur panier rouge et leurs cordes ensanglantées. Puisque le crime a une cause connue, que c'est rignorance «et la misère, abolissons la misère et l'ignorance; c'est le grand art des législations, a dit Napoléon!

« Susmlans à terra inopem, et de stercore ertgens c< pauperem.

Cl Qui tire l'indigent de lu poussière, et relève le c( pauvre de dessus le fumierî » Celui-là sera comme Dieu !

Combien avons-nous vu de criminels pour vol, monter sur l'échafaud ayant 800 millions I 400 mi!ionsl 200, 100, 50, 25, 12, 6, 3, 2, 1, 50 mille

francs I 25 raille francs I Comptèz^-les, et voua verrez si c'est bien la misère, et l'ignorance sa conséquence obligée ) qui sont les causes des crimes. Qni donc sur la terre veut renoncer à être le fils de Dieu, le père de ses enfants, qui donc veut renoncer à l'amante, à l'ami!... Qui donc s'arme contre soimême 1... Celui-là^ c'est le criminel et vous ne voulez pas qu'il soit foui Et est-ce tout, Sdgnew^? L'échafaud n'a-t-il pas d'autres malédictions? Oh! qui veut remplir l'espace laissé en blanc par les noms de tous les innocents que la main des bourreaux a refroidis I Cherchez depuis Fohi et Menés, de l'Asie à l'Egypte, de l'Egypte à la Grèce et de la Grèce à Rome!... Cherchez dans le monde renouvelé par le christianisme, vous reculerez effrayés. Étranges casligations des démences humaines!!... Sombre et terrible avertissement de Dieu qui vous crie ! . . .

L'abîme appelle l'abîme !

* Le sang appelle le sang I Ne versez pas le sang I

Depuis Jésus et Socrate, jusqu'à Charles I", Louis XVI et Ney, remplissez le vide et armezvous pour l'inviolabilité de la vie de l'homme !

On dirait que l'échafaud est la bête qui revient vers le chasseur I

Hodie mihij crcs tihi.

Au sang des septembrisés, se mêle le sang des Girondins f 1 1 Et le sang de Robespierre et de Saint- Just à celui de Danton et de Camille I L'échafaud de 93 semblait dormir. Il était debout en 1815!

Capeluche, le Sanson de la ligue, pend le célèbre président Brisson, et Capeluche, pour grâce dernière, demande qu'on lui laisse faire les apprêts de son propre supplice, effrayé de Tinexpérience du nouveau bourreau qui devait le tuer!,.. Il remercie Dieu, et meurt I...

Le connétable Enguerrand de Marigny est pendu au gibet de Monlfaucon, à ce gibet qui avait été élevé par son ordre I

Que les hommes aient pitié d'eux-mêmes. L'échafaud ne défend pas la société, il l'attaque I C'est un suicide social.

« Cette tête de l'homme du peuple, cullivez-la, « défrichez-la, arrosez-la, fécondez- la^ édairez- « la, moralisez-la, utilisez-la, vous n aurez pas « besoin de la couper. »

(Victor Hugo.)

Tout homme doit être affranchi de l'échafaud, par la solidarité humaine, parce que devant Dieu et devant elle-même la société n'a pas le droit de se suicider, pas plus que Tindividu. Et parce que le

crime a une cause, la peine de mort n'est pas la défense naturelle, elle en est le luxe I La société n'a que le droit de se préserver, et elle peut se préserver et abolir la peine de mortl...

On a tué pour le salut de la société, on a tué pour le salut du peuple, on a tué pour le salut des rois ; et comme les générations qui ont suivie ont pleuré sur les meurtres des rois, sur les meurtres des peuples, les sociétés pleureront dans dii ans, dans vingt ans, sur les inutiles boucheries des places publiques I... i

c Est-ce donc au bruit de la hache qui tombe et a du sang qui ruisselle, que s'annonce en ce monde « la justice de l'autre? »

(Gh. Lucas.)

Si le crime a une cause, si c'est la misère et ri-gnorance, avant de frapper Fagent, détruisons la cause.

« Pourquoi arrive-t-il qu'il n'y a presque per- « sonne d'exécuté que les pauvres ? Cela prouve, (( entre autres choses, que leur condition est misé- (( lable ; élevés sans mœurs, et jetés dans le monde « sans espoir, ils sont les victimes du vice et de la « barbarie légale, etc. »

(Thomas Penn.)

Oui, les hommes de cette génération verront l'a-

bolition de la peine de mort I Déjà bien près de nous, en Suisse, on Fabolit.

En attendant le règne de Dieu sur la terre^ disons à ceux qui croient que l'échafaud est le salut de la société^ et qui peuvent tomber dans la misère et la stupidité qui conduisent au crime^ ce que Louis Blanc a dit de Téchafaud

« Bu salut du peuple, y^

« L'humanité I Tout individu qui souf&e d'un « acte injuste, quelque petit et obscur qu'on le <( suppose, la représente, la personnifie, la porte « vivante en lui. Quand vous tuez un innocent, vous « menacez l'innombrable foule de ses- pareils, sur <( toute la surface de la terre , dans tous les siècles « à venir ; et certes il n'est pas de peuple qui vaille « qu'un aussi prodigieux intérêt soit foulé aux pieds ! « 0 Camille I imprudent Camille I- on l'invoquera « aussi contre vous, ce salut du peuple, votre loi <t suprême, et quand vous serez sur la charrette a fatale, ne vous plaignez point de la logique qui « vous y aura fait monter^ puisque cette logique est ^ la vôtre. »

(Louis Blanc.)

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