MME
< Voilà Sion, la montagne da Seigneur ; là « est le mont Goigotha, ici est le Calvaire I
c( Voici la vallée sainte : Josaphat, où la « grande trompette du jugement dernier ré- < sonnera jusque dans les profondeurs de ces « cendres qui furent des hommes !
ce Placez Sion sur Josaphat, le Calvaire sur « Sion, et le Golgotba sur le Calvaire, le dé- <i luge du sang humain depuis cinquante siè- « clés avant Jésus-Christ, coulant sur le sang « versé jusqu'à nos jours, ferait surnager une « arche au-dessus de l'entassement de Sion> du u Calvaire et du Golgolha.
Q^oo^z
rjT.
a Les montagnes de TaniTers disparaîtraient a devant les montagnes de cadavres amoncea lés par la colère des hommes.
c( Et cependant, le prophète du Seigneur a a clamé bien haut :
ce Venez, 6 maison de Jacob, et marchons « dans la lumière de TEtemeL
a laAÏB. i
rwMM.
u Et cependant, si la grandeur inconnue de • la majesté humaine était inopinément rêvéc( lée, épées des duellistes, lances des batailles, « haches des bourreaux, couteaux d'assassins,
M torches dincendiaires/ fièvre de Tenvie, « démon de la jalousie, atroce calomnie, « tomberaient.
« Anontme. »
Entendez-vous bruire dans le lointain, et peu à peu se rapprocher de nous, comme précurseurs d'un dévoilemement attendu, ces cris d*étonnement, de doute, de crédibilité. L'esprit se trouble, la religion s'émeut! Ecoutezvous le silence du philosophe qui attend et espère? Qu'annoncent à l'univers ces mystères innominés? Effets connus, dit-on (1), d'une cause inconnue! effets déjà acceptés par la
(l) Bit-OD : un sayani, un homme de lettres, un arti>te, un oificier de Tarmée, une dame, et iious avons pefdu notre temps à raire des ex.)é(i"n<!es sur les tables.
{Note de l'auteur J^
science, et qui fouille pour en chercher la cause I Est-ce, bon Dieu, ou n'est-ce pas? et qu'est-ce? Quelle puissance électro-magnétique, quelle force inconnue de l'influs nerveux, quelle omnipotence psychologique commande à la matière, et Dieu permettrait-il la comniunication de ceux qui ont été avec ceux qui sont? Qu'il y ait là un secret immense ou une hallucination^ qu'importe que ce soit cela ou autre chose, l'humanité n'a pas dit son dernier mot !
CCXLVD.
« N'écrasez pas sous le pied pesant et boi- « teux du doute la fleur rose de Tespérance et (c la fleur dorée de la foi.
u Alex; Dumas. »
Et quel doute plus insolent que celui qui conduit deux hommes à s'égo^er, car croire
et taer un homme eB dael est un amalgame qui aMOCÎerait Dieu au crime.
CCXLVni.
Eu remontant le fleuve des siècles, en per* çant la nuit des temps absorbés par Dieu, on voit toujours le surnaturel poindre ici, et là, une puissance inexpliquée dans sa cause surgir dans la croyance des hommes. Tant une ombre mystérieuse erre autour de l'homme comme précurseur d'un dévoilement attendu.
« Alors la femme dit à Saiil : Qui veux-tu « que je fasse monter? Et Saiil répondit : Fais- « moi monter Samuel.
« Et Samuel monta de. sa tombe, et dit à <( Saiil :
a Et même TEternel livrera Israël avec toi a entre les mains des Philistins, et vous serez « demain avec moi, toi et tes fiis. »
ccxux.
Brutus pouvait-il craindre^ pouvait-il s'émouvoir? Son esprit troublé pouvait-il lui créer des spectres et des fantômes? et uVt-il pas vu son génie l'appointer aui champs de Philippes (1).
Tjr venait de tomber sous la lance du ma-
(1) Nous avons lu avec un soin extrême, dans un journal que nous aimons , U M<msq%utaire, le fantastique de H. Emile Deschamps. Cette faculté de prophétie , cette prescience , ne nous ont nullement étonné. M. Emile Deschamps fait des couplets sur la révolution de Juillet, à la revue passée par Charles X, devançant un événement qui dormait dans les mains de Dieu, M. Emile Deschamps voit la république surgir des années avant son avènement ; il annonce la mort de .<a mère au prêtre qui lui annoncé sa maladie. Nous savons aus&i bien des faits que nous ne pourrions nier sans nous mentir à nous-mêmes ! Attendons et cherchons.
{Note de V Auteurs)
Goo^q:
cédonien. — Jérusalem, qui avait refusé des secours à Alexandre, devait eipier aussi par la destruction le crime d'une belle action!
Alexandre approche ; le peuple d'Israël monte vers Dieu; les mères poussent des cris; le peuple s'arme, mais soudain , le grand sacrificateur impose ses mains sur le peuple, et, calme et radieux, prononce la bénédiction ordonnée par Dieu à Moïse.
'( Que le Seigneur vous bénisse et tous ce garde I Que le Seigneur fasse luire sa face « sur vous, et qu'il vous fasse grâce.
« Que le Seigneur tourne sa face sur vous, « et qu'il vous accorde la paix. >i
Puis il ordonne au peuple de se livrer à la joie, de joncher les rues de fleurs, de couvrir les maisons de tentures, et sort avec les Lévites, marchant vers Alexandre! Arrivé devant le conquérant irrité, le sacrificateur étend ses deux mains sur sa tète « Alexandre pâlit et tombe aux pieds du sacrificateur.
Qu'est-^e? dit Pafménion.
« C'est, répondit Âleiandre, qo'àTyr, j'ai « vu cet homme dans mon sommeil, et cet a homme m'a dit :
« Tu vaincras Darius ! »
Jérusalem Tut sauvée !
CCLf.
Qu'est-ce que ce démon de Socrale qui criait si haut dans son cœur : Absliens4oi\ Socrate pouvait-il mentir, et la grande âme de cet homme pouvait*eIle feindre et tromper?
Mummius assiégeait Corinthe, le peuple
était au cirque, et des profondeurs de cette foule immense sortit un cri unanime et spontané :
< Corinthe est prise. »
Mummîus la prenait à la même heure.
CCUII.
On se battait encore à Lépante^ et le Pape savait que les chrétiens étaient vainqueurs.
ccuv.
« César, ne va pas au sénat; je t'y ai vu a frappé par Brutus, et je t'ai vu tomber aux ( pieds de la statue de Pompée, lui disait sa a femme (1). »
(1) Et le songe d'Armand Garrel 1
A la bataille d'Âboukir, le colonel Fugière, du 18'"' de ligne, eut les deux bras emportés par un boulet de canon. cYous perdez un €( de vos soldats les plus dévoués , dit-il à « Napoléon ; un jour, vous regretterez de ne a pas mourir comme moi au champ des « braves. »
Et Napoléon a regretté à Long^ood, de n'être pas mort au champ des braves.
cavi.
Le petit homme rouge de Napoléon.
La pjthonisse d'Egypte.
Le songe de Louis XIIL
La prédiction du père Campanelle.
Et Cazoltc.
Un jour viendra 9 demain, peut-être, sera
ce jour où l'homme aura conscience de tout ce que Dieu a mis en lui^ et cependant l'on court, enfiélé et cruel , tremper ses mains dans son sangl... Mais ce sang est un dur oreiller pour mourir (1). Les antres de Caprée ont-ils
il) « Sa Majesté (Charles IX) aimait beaucoup sa nourrice, « encore qu'elle fût huguenote. Gomme elle se fut mise sur un <c coffre, elle commençait à sommeiller; ayant entendu le roi « so plaindre, pleurer et soupirer, s*approcha tout doucement « du Ht, et, tirant sa custode, le roi commença à lui dire, je- « tant un grand soupir et larmoyant si fort, que les sanglots « lui coupaient la parole : — Âh I ma nourrice , ma mie , ma '< nourrice, que de sang et que de meurtres I Oh 1 que j*ai suivi • un méchant conseil ! Oh 1 mon Dieu I pardon nele-moi, s'il « le plattl... Que ferai-je?... Je suis perdu, je le vois bien.
a Ce roi, qui tirait par les fenêtres sur ses sujets, ce mo- « narque catholique se reprochant ses meurtres, rendant
— n^ oublié les crb de Tibère, avouant que ses crimes se levaient sur son passage, et que sa conscience lui faisait un supplice que lui, Tibère^ n'avait fait éprouver à personnel Et les morsures du remords n'allèrent-elles pas jus-* qu'à produire la démence chez Néron, dix fois parricide , en proie , dans son esprit troublé, aux vengeances anticipées de celui devant lequel régasier et l'empereur sont égaux I
Encore une fois et mille, répétons avec Davies : « pauvre homme ignorant, que portes- « tu, enfermé dans les profondeurs de ton
« rame au milieu des remords, en vomissant son sang, en «c poussant des sanglots, en yersant des torrents de larmes, « abandonné de tout le monde, seulement secouru et console « par une nourrice huguenote.
c N'y aurait- il pas quelque ^itié pour ce monarque de « vingt-trois ans, né avec des talents heureux, le goût des • lettres et des arts, un caractère naturellement généreux, « qu'une exécrable mère s'était plu h dépraver par tous les « abus de la débauche et de la puissance?
« Heureux si ce prince n'avait jamais reçu une couronne « doublement souillée de son propre sang et de celui des ^ Français , ornement incommode pour s'endormir sur To* « reiller de la mort. »
{Etudes historiques.)
• sein? Quels joyaux, quelles richesses j sont « contenus? Quels célestes trésors dans mie si u faible enveloppe?»
Depuis trois mille ans, les cris de Moïse (1) au pays de Moab, près de sa tombe, en la montagne de Nébo, ne retentissent-ils pas encore dans le cœur de son peuple ? et sa parole a-t-elle été menteuse?
« Et tu seras là un sujet d'étonnement^ de a raillerie et d'invectives parmi tous les peua pies vers lesquelles l'Étemel t'aura envoyé, (c Tu serviras dans la faim, dans la soif, daas « la nudité et dans la disette de toutes choses, « ton ennemi, que l'Éternel enverra contre toi; « et il mettra un joug de fer sur ton cou, jus- % qu'à ce qu'il t'ait eilerminé. »
(1) 1574 avant J.-C«, naissance de Moïse.
ceux.
Et la plus grande portion de cette noble race; courbe encore le front sous le poids de la malédiction. Ce peuple dont Bossuet dit :
a On ne ypit plus aucun reste des anciens « Assyriens, ni des anciens Mèdes, ni des an- K ciens Perses, ni des anciens Grecs, ni même a des anciens Romains. Les Juifs, qui ont été c( la proie (1) de ces nations célèbres dans les t histoires, leur ont survécu, et Dieu, en les u conservant, nous tient en attente de ce qu'il « veut faire encore des malheureux restes « d'un peuple autrefois si favorisé (2 — 3).
<i Bossuet. »
(1) Dix mille Israélites, sous Vespasien, entrèrent dans une semaine, par la porte de la vie, au Colysée, et en sortirent par la porte de la mort.
(2) « Le peuple juif» dit M. le cardinal de Fleury , possède « la seule noblesse bien prouvée. »
(3) « Le peuple juif, dit M. Lacordaire, sera toujours le ^ premier des peuples par Tidée, par ses mœurs et par ses «c lois.
Si Diea départ à quelques hommes le don de prévoir dans ractualité les événements de l'avenir (l), et ceci, pour nous, est un fait sans
(1) Entre mille versions nous en prenons une. Cazottb. « Or, yers ce temps, une scène eut lieu, qu*il faudrait passer sous silence, si des témoins graves ne Tavaient solennellement attestée. Un dîner splendide ayant été offert par un académicien ï beaucoup de gens de cour et de philosophes, il se trouva parmi les convives un écrivain qui, destiné à combattre la révolution et à y périr , comptait alors au nombre des illuminés. G*était Jacques Gazette. Le repas fut tr^s gai : on y parla des progrès de la raison, des événements qui s*annonçaient, et chacun de saluer le règne pro* f*hain de Tintelligence affranchie.
« Un seul. Gazette, gardait le silence. Interrogé, il répondit qu'il apercevait dans l'avenir des choses terribles, et comme Condor'^et h prenait sur un ton railleur : « Vous, monsieur de Gondorcet, lui dit-il, vous vous empoisonnerez pour échapper au bourreau. «Des rires joyeut se flrent entendre, Gazoïto continua. Il réponditàChamfort qu'on le conduirait h se couper les veines; à BaîUy, à Malesherbes, à Boucher, qu'ils mourraient sur Téchafaud.
t Mais notre sexe, du moins, sera épargné, s'écria en riant madame la duchesse de Grammont?
te Votre sexe ?.,. Vous, madame, et bien d'autres diimcs avec
réplique ; si un somnambulisme éveillé, si des lois psychologiques ignorées confèrent à certains hommes une puissance qui peut avoir des conséquences incalculables sur les destinées de rhumanitéy ne nous exposons pas à tuer cet homme en duel I
« vous, TOUS serez conduites en charrette à la place des exé- ^ cutions, les mains liées derrière.
« En parlant ainsi, Gazotte arait le risage attéré; ses yeux v^ bleus étaient remplis de tristesse, et ses soixante-nlix-huit << ans, sa chevelure planche, sa physionomie patriarcale, im- « primaient à ses paroles une gravité lugubre. Les convives • tressaillirent. — Vous verrez, dit madame de Grammont, « qu'il ne me laissera pas un confesseur. — Non, madame» le « dernier supplicié qui en aura un, ce sera...., il hésita, « ce sera le Roi de France I Saisis d'une invincible émotion, « tous les convives se levèrent. Quant à Gazotte, il allait se « retirer, lorsque, s'approchant de lui, et voulant de moins « sombres présages, madame de Grammont lui dit : — Et « vous, monsieur le prophète, quel sera votre sort ? Il resta « quelque temps la tôte penchée, le regard pensif, puis : — a Pendant le siège de Jérusalem , répondit-il , un homme fit « sept jours le tour des remparts , en criant d'une voix « sinistre :
f Malheur à Jérusalem! » et dans ce moment, une pierre ce énorme, lancée par les machines ennemies, l'atteignit, le a mit en pièces, » A ces mots, Gazotte salua et sortit. »
f Louis Blanc. »
Le prophète de bonheur peut nous venir demain, ne le tuons pas aujourd'hui! Cet homme nous apporte peut-être les trésors cachés de notre nature, le dévoilement de secrets immenses, la démonstration psychologique de tous les mystères qui nous environnent.
C'est un fait bien digne d'appeler Tattention des hommes qui pensent que cette vérité historique : Tout ce qui a été grand et saint depuis Fohi et Bélus, a été égorgé, proscrit, persécuté par la colère humaine, et son implacabilité renverse toutes les notions du cœur, toutes les lois de la morale et de l'humanité ! Au milieu de ces abominations, il est consolant de voir la haine que Moïse inspirait à son peuple contre le meurtre. Il y a dans le Deutéronome un poème d'une sublimité inG-
— 227 ~ aie (1). Pourquoi nos lois n'ont-elles pas été calquées sur des lois larges et religieuses comme celles de Moise, lois qui ne se bornaient
(1) « 1. Quand il se trouyera sur la terre q[ae rËternel, ton 1 Dieu, te donne pour la posséder, un homme qui a été tué, « étendu dans un champ, et qu'on ne saura pas qui l'aura tué ;
« 3. Alors tes anciens et tes juges sortiront, et mesureront « depuis rhomme qui a été tué jusqu'aux. Tilles qui sont au- « tour de lai;
« 3. Puis les anciens de la Tille la plus proche de Thomme « qui aura été tué, prendront une Tache du troupeau, de la- « quelle on ne se soit point servi, et qui n*ait point tiré sous
• le joug;
« 4. Et les anciens de cette Tille la feront descendre, la jeune « Tache , en une Tallée rude » dans laquelle on ne laboure , ni « on ne sème, et là, ils couperont le cou à la jeune Tache dans « la Tallée ;
«f 5. Et les sacrificateurs» fils de LéTy , s'approcheront, car « rÉternel, ton Dieu, les a choisis pour faire son serTiceet
• pour bénir au nom de l'Éternel; et afin qu'à leur parole, « toute cause et toute place soient définies ;
« 6b Et tous les anciens de cette ville là, qui seront les plus
• près de l'homme qui aura été tué, laveront leurs mains sur « la jeune Tache, à laquelle on aura coupé le cou dans la Tallée.
« 7. Et prenant la parole, ils diront : Nos mains n'ont point « répandu le sang, nos yeux aussi ne l'ont point tu répandre.
c 8. Éternel! sois propice à ton peuple d'Israël que tu as « racheté, et ne lui impute point le sang innocent qui a été « répandu au milieu de ton peuple d'Israël, et le meurtre sera « expié par eux.
« 9. Et tu ôteras le sang innocent du milieu de toi, parce H que tu auras fait ce que l'Étemel approuTO et trouTO juste.»
Chajnire XXI.
pas à défendre le mal, mais qui décrélaient le bien et le rendait obligatoire.
Du sang versé naissent des cascades de sang^ par une attraction indicible ; il fallut à Henri IV un courage sublime pour résister à son armée qui demandait l'assaut de Paris assiégé, pour s'assouvir de vengeance (1).
(1) Ni Démosthène, ni Hortensias, ni Cicéron, ni César, ni Napoléon, n'ont jamais prononcé un discours d'une sublimité aussi entraînante que celui que prononça Henri lY devant Paris, pour protéger ses propres ennemis. C'est une des gloires de la France, et nous le consignons ici avec bonheur.
Henri IV refuse de donner TassautÀ la ville de Paris.