‹ Le duelChapitre 35 sur 102 · ACTE I, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VII

LA DUCHESSE

Je ne le suis plus. Pendant ces trois mois passés presque continuellement ici, près de vous ... (Il se rapproche d'elle.) dont Tinfatigable amitié me ranimait sans cesse, j'avais accepté mes misères. Penchés au 5 chevet de mon mari, nous soutenions contre son mal une lutte qui me soutenait. Aujourd'hui, c'est fini, tout me manque. . . . Jamais je n'ai eu l'impression de ma solitude comme en montant tout à l'heure l'escalier de notre grand hôtel noir et glacé.

LE DOCTEUR

lo Je vous comprends mieux que personne. Cette affreuse mélancolie que vous subissez, je l'éprouve moimême.

LA DUCHESSE

Vous? . . . Depuis quand?

LE DOCTEUR

Depuis votre départ! ... Et je m'en réjouis.

LA DUCHESSE

15 Pourquoi?

LE DOCTEUR

Parce que cela signifie que vous n'êtes pas seule, du moment que je me sens seul. Nos deux tristesses se tiennent et nos cœurs correspondent. Vous m'avez dit tantôt, madame, que je vous inspirais pleine confiance?

LA DUCHESSE

Jusqu'à présent

LE DOCTEUR

Prouvez-le-moi? ...

Comment?

LE DOCTEUR

Ne disposant de moi, pour tout!

LA DUCHESSE

C'est trop. S

LE DOCTEUR

Pas encore assez! ... En me considérant comme divinement heureux de vous obéir, de vous servir, de vous appartenir, en me permettant d'employer toutes mes forces qui, sans vous, sont petites et avec vous seront surhumaines, à vous assister, à vous consoler, à lo vous rendre le courage, Tespérance, la joie. ... Je ne suis rien, mais je me donne à vous.

LA DUCHESSE

Mais alors, vous n'êtes pas mon ami?

LE DOCTEUR

Si. Mais je vous ai trompée! ^

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