‹ Le duelChapitre 61 sur 102 · ACTE II, SCÈNE VI m · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI m

Mais plus que jamais!

LE DOCTEUR

Prends garde!

l'abbé

Mais oui! N'écume pas! Sérieusement ... tu as pu penser que, lorsqu'une femme vient se jeter à mes

5 pieds, me dire: « Sauvez-moi! je suis en butte aux persécutions d'un homme qui va me faire commettre une faute irréparable ...» tu as pu croire que je n'allais pas d'abord mettre tout mon génie à la protéger? . . . et qu'ensuite, si cet homme apprenait la chose, il suf-

lo firait qu'il accourût me menacer pour qu'aussitôt je m'avilisse à lui obéir? Ah! çà? quelle idée te fais-tu donc de la conscience d'un prêtre et de son caractère? Tant que cette âme se réfugiera en moi, je la défendrai.

LE DOCTEUR

Eh bien! ... de cet instant, je ne te connais plus. î^ Tu deviens mon ennemi mortel! Je te hais!

l'abbê Je te plains.

LE DOCTEUR

Tu veux lutter? Nous lutterons!

Tu te briseras.

LE DOCTEUR

J^apprendrai d^abord à M"® de Chailles ce que tu vaux, d'où tu viens . . . ton passé de libertinage et de vice . . . tout ce que tu as apporté en cadeau à ton Dieu, que tu n'aimes pas! . . . que tu crains! ... $

l'abbé

Tu commettras là une vilaine action et dont la honte ne rejaillira que sur toi! La partie n'est pas égale, va! ... tu ferais mieux de Tabandonner! . . ,

LE DOCTEUR

Oui, l'abbé.

l'abbé

C'est à la hauteur du but qu'on juge une cause. Moi, lo f je n'ai en vue que le salut d'une âme et toi, la capture d'un corps.

LE DOCTEUR

Non, j'aime tout en elle.

l'abbé

Et à supposer même que, par force ou ruse, tu l'obtiennes, ce périssable corps . . . cette pauvre pous- 15

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