ACTE m, SCÈNE IV
l'abbé
Je ne Tai plus. Laissons là le passe pn ce moment, je suis le plus misérable des hommes. /Mon frère a jeté sur moi le soupçon, il a suscité dans mon esprit, i .
l'êveque Dans votre esprit seulement?
l'abbé
S Non. . . . Aussi dans mon cœur, des pensées odieuses qui sont en train de me devenir presque chères! J'ai beau les chasser, vouloir les balayer, leur crier en dedans de moi-même et des entrailles de ma colère: «Allezvous-en! Partez! Mais partez donc!» toujours elles
10 reviennent bourdonner dans ma tête, comme les mouches sur le fumier !
l'évêque Ou sur les blancheurs! Elles se plaisent aux deux.
l'abbé
Je sens que cette âme de femme, à laquelle je m'étais dévoué avec une piété de combat, m'échappe, va
15 m'être prise et que celui qui est sur le point de nous la dérober à Dieu et à moi, c'est mon frère! Si encore c'était un autre! J'en aurais autant de douleur, mais moins d'amertume. Car voilà ce qui est abject à dire et qu'il faut pourtant que j'avoue: l'idée que M^^ de
20 Chailles puisse appartenir à mon frère, non seulement
dans la faute, mais même dans le mariage, si tout à coup elle devenait libre? ... Ah! cette idée-là, cette idée me transperce et me tue . . . elle m'est intolérable!
Pourquoi? Il faudrait s'en réjouir. Votre frère est-il honnête homme? S
l'abbé Sans doute! Comme tout le monde.
l'êvêque Aime-t-il M°^« de Chailles?
l'abbé, avec effort Oui.
l'évêque En est-il aimé?
l'abbé, avec colère
Oui. C'est possible. Cela m'est égal! Qu'ils ne lo soient pas unis!
L'ÉVÈQÛE "^
Ainsi, vous êtes jaloux?
l'abbé