‹ Le duel; pièce en trois actes (volume 2)Chapitre 10 sur 106 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

LE DOCTEUR

Pour pouvoir un jour, s'il y a lieu, fixer son choix et se donner librement.

LA DUCHESSE

Et si, ce jour-là, on ne s'appartient plus?... Si l'on ne peut plus se donner?...

Si Ton n'a plus le droit?... S'il y a des lois?

LE DOCTEUR

Quelles lois?... Divines?...

Non, humaines et un peu au-dessus :

des lois d'honneur, de devoir, de sauvegarde et d'orgueil.

LE DOCTEUR

Je n'entends pas ce que vous voulez dire. Quand le bonheur se présente à deux êtres en même temps, qu'ils sont tous deux [certains que c'est lui qui est là, qui frappe à la porte, ils ont toujours le droit et le

devoir de se précipiter et de la lui ouvrir, en mêlant leurs mains, quand même ils sauraient que le passant ne va faire qu'entrer, rester cinq minutes et repartir.

LA DUCHESSE

Mais qu'est-ce que le bonheur?... Vous en avez une idée ?

LE DOCTEUR

Parfaitement! C'est l'amour.

LA DUCHESSE

Etes-vous sûr?

LE DOCTEUR

Comme de vous voir.

LA DUCHESSE

Et vous y croyez à l'amour? Vous y pensez ?

Je ne pense qu'à lui. Pas vous?

LA DUCHESSE

Moi, je n'y pense plus.

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