SCÈNE IV LA DUCHESSE, LE DOCTEUR
LE DOCTEUR
Eh bien, madame !
LA DUCHESSE
Parlez ! J'attends tous vos reproches.
LE DOCTEUR
Parce que vous savez que vous les méritez?
LA DUCHESSE
Je les brave.
LE DOCTEUR
Depuis hier, des soupçons m'étaient venus.
LA DUCHESSE
Lesquels ?
Je n'aurais pas su le dire. Si heureux
que je faste, je tentais prêt de vont, autour de vous, comme une résistance en travers de net espoirs, de mes désirs . La joie où m'avait laissé notre dernier entretien restait, malgré tout, empoisonnée d'inquiétude. Je songeais : « V dra-t-ellc? — Oui, elle m'a donné sa parole! »
LA DCCHtSSI
Je ne vous l'avais pas donnée, vous l'aviez prise !
Lt DOCTEUR
Et à la même minute, un instinct m'avertissait : Non ! Elle ne viendra pas. i viendrait bien! Mais quelqu'un l'empêchera. Qui. Je cherchais... J'étais jaloux
LA DUCHESSE
Déjà.
LE DOCTEUR
Avant l'heure de votre départ, j'ai*
lai me poster aux environs de chez vous. Je vous vis sortir, voilée, prendre un chemin opposé à celui de mon domicile... Ce fut une première angoisse... Où pouviez-vous aller ainsi ? Je vous suivis, je vous vis aller à l'église, puis en sortir. Et, quand votre voiture vous eut conduite et déposée à la porte de chez mon frère, je compris tout : C'est lui qui la dirige, elle croit en Dieu, elle m'a joué ! J'éprouvai alors une douleur et une révolte telles... que je ne pus résister à l'envie de voir, de mes yeux, la terrible chose !
LA DUCHESSE
Eh bien? Vous l'avez vue?
LE DOCTEUR
Oui... La duchesse de Chailles!... en posture d'oraison ! là, sur ce prie-Dieu ! Quel spectacle ! Il me fit pour vous tant de peine que je ne sais pas si je n'aurais
KMUl MOUMCT