‹ Le duel; pièce en trois actes (volume 3)Chapitre 57 sur 92 · SCÈNE IV LA DUCHESSE, LE DOCTEUR · texte numérisé non relu

SCÈNE IV LA DUCHESSE, LE DOCTEUR

LE DOCTEUR

Eh bien, madame !

LA DUCHESSE

Parlez ! J'attends tous vos reproches.

LE DOCTEUR

Parce que vous savez que vous les méritez?

LA DUCHESSE

Je les brave.

LE DOCTEUR

Depuis hier, des soupçons m'étaient venus.

LA DUCHESSE

Lesquels ?

Je n'aurais pas su le dire. Si heureux

que je faste, je tentais prêt de vont, autour de vous, comme une résistance en travers de net espoirs, de mes désirs . La joie où m'avait laissé notre dernier entretien restait, malgré tout, empoisonnée d'inquiétude. Je songeais : « V dra-t-ellc? — Oui, elle m'a donné sa parole! »

LA DCCHtSSI

Je ne vous l'avais pas donnée, vous l'aviez prise !

Lt DOCTEUR

Et à la même minute, un instinct m'avertissait : Non ! Elle ne viendra pas. i viendrait bien! Mais quelqu'un l'empêchera. Qui. Je cherchais... J'étais jaloux

LA DUCHESSE

Déjà.

LE DOCTEUR

Avant l'heure de votre départ, j'ai*

lai me poster aux environs de chez vous. Je vous vis sortir, voilée, prendre un chemin opposé à celui de mon domicile... Ce fut une première angoisse... Où pouviez-vous aller ainsi ? Je vous suivis, je vous vis aller à l'église, puis en sortir. Et, quand votre voiture vous eut conduite et déposée à la porte de chez mon frère, je compris tout : C'est lui qui la dirige, elle croit en Dieu, elle m'a joué ! J'éprouvai alors une douleur et une révolte telles... que je ne pus résister à l'envie de voir, de mes yeux, la terrible chose !

LA DUCHESSE

Eh bien? Vous l'avez vue?

LE DOCTEUR

Oui... La duchesse de Chailles!... en posture d'oraison ! là, sur ce prie-Dieu ! Quel spectacle ! Il me fit pour vous tant de peine que je ne sais pas si je n'aurais

KMUl MOUMCT

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