I. A I • i . H !••■•• Monastique. Cloîtrée
L'ÉTIQUI
Vous? Une duchesse! millionnaire? Que ferez- vous de vos bien» ? Vous les donnerez en dot au Seigneur?
t.A I»l i III Iftl
Non. Il est a*se< riche. . Aux pauvres.
L âvàoui C'est la même chose.
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mieux Je ne conserverai rien de mon immense fortune je couperai mes chc-
veux et j'entrerai, loin des villes, pauvre moi-même, consumée d'humilité, avec l'effacement d'un ver de terre, dans l'ordre le plus dur et le plus rigoureux, le Carmel ou un autre.
l-évèque
Je vous l'indiquerai. Vous serez rapidement abbesse.
LA DUCHESSE
Jamais! Non, simple sœur converse, infime domestique. Je veux, dans toute l'auréole du mot, n'être que « servante», laver le plancher, et, s'il y en a, garder les pourceaux. — Direz-vous encore que je suis une orgueilleuse?
L'ÉVÊQUE
Magnifiquement.
LA DUCHESSE
Alors, quoi ? Que faut-il faire ?
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L àYftQUK
Moins de fc
LA DUCMISSI
Je devine? Vous ne me croyez pas *in- ?
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Si. Du moins maintenant. Je suis persuadé qu'en effet si M. le duc de Chatlles venait à mourir, aujourd'hui, vous tiendriez votre promesse.
la isi
Toujours je la tiendrai.
t ÉviQi
Mais je pense aussi qu'il suffit peutêtre que vous ayez cette convoitise ardente et immédiate du cloître pour que votre man vive longtemps . Et alors?
LA tU * M »
Alors, cela voudra dire que Dieu n'aura pas voulu de moi.
L'ÉVÊQUE
Et que vous ne voudrez plus de lui ! Et que vous finirez par tomber dans les bras de M. Morey ! Car vous avez beau vous en défendre, vous l'aimez! Vous l'aimez toujours, je ne m'y trompe pas. (a ce moment on
frappe à la porte du fond. Il l'arrête du geste, comme elle allait parler. Il va à la porte qu'il entr'ouvre. Un domestique lui tend une carte. Il la prend, la lit. Au domestique.) VOUS
n'avez pas dit que j'étais avec quelqu'un?
LE DOMESTIQUE
Non, monseigneur.
Bien. Dans un instant. (Le domestique sort et
referme la porte. A la duchesse.) C'est l'abbé Daniel. LA DUCHESSE, très troublée, se levant.
Il va venir? Ici ?
L'ÉVÊQUE
Sans doute. (Eue fait un mouvement) Mais ne vous hâtez pas ! . . .
ACTK III »;;
t.A dicmum:
I «r mettez-moi do me retirer. Je ne veux même p j>oter à le voir
L'RViQUS
Vous craignez à ce point de vou* trouver en face de lui ? Même âpre* ce que je vous ai dit?
LA l»t'i BSSSI
Surtout après.
L'tvtQUK. Mfwm^iiU mm. i- pi*m.
En ce cas, passe/ par ici. Cette port»\ au bout de la galerie, donne accès dans une tribune de la chapelle J'aurais encore à vous parler, madame, quand j'aurai terminé avec l'abbé Daniel Je ne pense pas que ce soit long? Si vous m'y autorise!, j'irai vous chercher.
I A »UHl)lt. f— — I uçm* **•*•€ MNpa
Je vous attends. (*» n i mi Mais, que vais-jc faire dans cette chapelle ?
L'EVEQUE
Vous prierez.
LA DUCHESSE
C'est que je prie bien mal ! Je ne sais pas.
L'ÉVÊQUE
Mais personne ne sait. Moi non plus.
LA DUCHESSE
Et puis, pour quoi ? pour qui prier ?
LÉVÈQUE
Les sujets ne manquent pas. Vous...
votre mari.
LA DUCHESSE
Les vivants ne m'intéressent plus.
L'ÉVÊQUE
Alors, priez pour les morts.
Elle sort. Il sonne. Le domestique parait par la porte entr'ouverte. Il lui fait signe, en lui montrant la carte qu'il a gardée à la main, qu'il peut introduire l'abbé Daniel, L'abbé est introduit.