‹ Le duel; pièce en trois actes (volume 3)Chapitre 73 sur 92 · I. A I • i . H !••■•• Monastique. Cloîtrée · texte numérisé non relu

I. A I • i . H !••■•• Monastique. Cloîtrée

L'ÉTIQUI

Vous? Une duchesse! millionnaire? Que ferez- vous de vos bien» ? Vous les donnerez en dot au Seigneur?

t.A I»l i III Iftl

Non. Il est a*se< riche. . Aux pauvres.

L âvàoui C'est la même chose.

! I in CMISII

mieux Je ne conserverai rien de mon immense fortune je couperai mes chc-

veux et j'entrerai, loin des villes, pauvre moi-même, consumée d'humilité, avec l'effacement d'un ver de terre, dans l'ordre le plus dur et le plus rigoureux, le Carmel ou un autre.

l-évèque

Je vous l'indiquerai. Vous serez rapidement abbesse.

LA DUCHESSE

Jamais! Non, simple sœur converse, infime domestique. Je veux, dans toute l'auréole du mot, n'être que « servante», laver le plancher, et, s'il y en a, garder les pourceaux. — Direz-vous encore que je suis une orgueilleuse?

L'ÉVÊQUE

Magnifiquement.

LA DUCHESSE

Alors, quoi ? Que faut-il faire ?

a«:te Ut 175

L àYftQUK

Moins de fc

LA DUCMISSI

Je devine? Vous ne me croyez pas *in- ?

i tvtç

Si. Du moins maintenant. Je suis persuadé qu'en effet si M. le duc de Chatlles venait à mourir, aujourd'hui, vous tiendriez votre promesse.

la isi

Toujours je la tiendrai.

t ÉviQi

Mais je pense aussi qu'il suffit peutêtre que vous ayez cette convoitise ardente et immédiate du cloître pour que votre man vive longtemps . Et alors?

LA tU * M »

Alors, cela voudra dire que Dieu n'aura pas voulu de moi.

L'ÉVÊQUE

Et que vous ne voudrez plus de lui ! Et que vous finirez par tomber dans les bras de M. Morey ! Car vous avez beau vous en défendre, vous l'aimez! Vous l'aimez toujours, je ne m'y trompe pas. (a ce moment on

frappe à la porte du fond. Il l'arrête du geste, comme elle allait parler. Il va à la porte qu'il entr'ouvre. Un domestique lui tend une carte. Il la prend, la lit. Au domestique.) VOUS

n'avez pas dit que j'étais avec quelqu'un?

LE DOMESTIQUE

Non, monseigneur.

Bien. Dans un instant. (Le domestique sort et

referme la porte. A la duchesse.) C'est l'abbé Daniel. LA DUCHESSE, très troublée, se levant.

Il va venir? Ici ?

L'ÉVÊQUE

Sans doute. (Eue fait un mouvement) Mais ne vous hâtez pas ! . . .

ACTK III »;;

t.A dicmum:

I «r mettez-moi do me retirer. Je ne veux même p j>oter à le voir

L'RViQUS

Vous craignez à ce point de vou* trouver en face de lui ? Même âpre* ce que je vous ai dit?

LA l»t'i BSSSI

Surtout après.

L'tvtQUK. Mfwm^iiU mm. i- pi*m.

En ce cas, passe/ par ici. Cette port»\ au bout de la galerie, donne accès dans une tribune de la chapelle J'aurais encore à vous parler, madame, quand j'aurai terminé avec l'abbé Daniel Je ne pense pas que ce soit long? Si vous m'y autorise!, j'irai vous chercher.

I A »UHl)lt. f— — I uçm* **•*•€ MNpa

Je vous attends. (*» n i mi Mais, que vais-jc faire dans cette chapelle ?

L'EVEQUE

Vous prierez.

LA DUCHESSE

C'est que je prie bien mal ! Je ne sais pas.

L'ÉVÊQUE

Mais personne ne sait. Moi non plus.

LA DUCHESSE

Et puis, pour quoi ? pour qui prier ?

LÉVÈQUE

Les sujets ne manquent pas. Vous...

votre mari.

LA DUCHESSE

Les vivants ne m'intéressent plus.

L'ÉVÊQUE

Alors, priez pour les morts.

Elle sort. Il sonne. Le domestique parait par la porte entr'ouverte. Il lui fait signe, en lui montrant la carte qu'il a gardée à la main, qu'il peut introduire l'abbé Daniel, L'abbé est introduit.

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