‹ Le duel; pièce en trois actes (volume 3)Chapitre 90 sur 92 · ACTE III JOQ · texte numérisé non relu

ACTE III JOQ

LA ODCRIIII

Il vout paraîtra peut-être implacable, inhumain, que, du vivant de ce demi- mort qu'est mon mari, j envisage avec une aussi froide lucidité sa disparition, mais je dois tout prévoir. Le Jour où je serai seule, que devrais-je faire! Où pensci-vou* qu'est pour moi le bonheur }

LASSâ

C'est la vérité que vous exigea de moi?

la oucatssa Tout entière

LAIII

Votre bonheur... est dans l'amour

la pucastsa.— « m

L'amour divin ! le cloître! Ceat biasj cela! Je l'avais cho

nst

Non, pas le cloître ! pas le cloître !

LA DUCHESSE

Alors quoi? L'amour humain?

L'ABBÉ

L'amour humain, qui n'est pas sans divinité.

LA DUCHESSE

Vous me conseillez de me remarier?

L'ABBÉ

Oui, madame, pour être mère. Les dix petits doigts d'un enfant, voilà la dizaine, les grains du rosaire que je recommande à vos lèvres.

LA DUCHESSE

Comment ?... Hier, vous me défendiez d'aimer? Aujourd'hui vous me l'ordonnez presque ?

Hier, ce n'était pas la même chose.

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LA Dl'CNIMI

Que s'est il donc passé depuis? Pourquoi ave*- vous changé?

I VMM)

Il n'y a rien de changé, madame! Seulement, je voyais mal en moi, et en voua. Maintenant j'ai compris que vous étiez un être de flamme et de tendresse, qu'il ne fallait pas à vos genoux le pavé d'une cellule ni de voile noir à votre front J'ai compris que vous n'aviet jamais vécu, jamais aimé, que vous a vies droit à la vie, à son bouquet de j«

la Ducatssi Dites a aea douleurs Mais il faut donc à tout prix que je souffre ?

L'ABBÉ

Certainement. Nous souffrons tous. Il n'y a pas de joiea sans souffrances... mais il v a des souffrances sans joies. Dieu

vous préserve de ces dernières ! Moi, ce sont uniquement les premières que je veux pour vous.

LA DUCHESSE

Les souffrances de l'amour ?

Oui ! Et les autres aussi, toutes les souffrances !.. . à condition qu'elles fassent partie intégrale de la vie, qu'elles soient les épines de cette rose sacrée. Vous gémirez le lendemain ! mais vous aurez au moins possédé les félicités de la veille. Vous aurez passé dans le feu ! Vous pourrez dire : « Il m'a brûlée ». Vous ne serez pas une morte animée, un automate de vertu, sans larmes et sans passions. Voilà pourquoi je veux que vous soyez un jour, le plus tôt possible, la femme du seul homme qui a troublé votre esprit et touché votre cœur, de mon frère qui vous

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