‹ Le duel, pièce en trois actes (volume 4)Chapitre 100 sur 118 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

sées odieuses qui sont en train de me devenir presque chères! J'ai beau les chasser, vouloir les balayer, leur crier en dedans de moi-même et des entrailles de ma colère : « Allez-vous-en ! Partez ! Mais partez donc ! » toujours elles reviennent bourdonner dans ma tète, comme les mouches sur le fumier !

l;évêque Ou sur les blancheurs ! Elles se plaisent aux deux.

L'ABBÉ

Je sens que cette âme de femme, à laquelle je m'étais dévoué avec une piété de combat, m'échappe, va m 'être prise et que celui qui est sur le point de nous la dérober à Dieu et à moi, c'est mon frère !

Si encore c'était un autre! J'en aurais autant de douleur, mais moins d'amertume. Car voilà ce qui est abject à dire et qu'il faut pourtant que j'avoue : l'idée que

M Be de Chailles puisse appartenir à mon frère, non seulement dans la faute, mais même dans le mariage, si tout à coup elle devenait libre?... Ah l cette idée-là, cette idée me transperce et me tue... elle m'est intolérable l

L'ÉVÊQUE

Pourquoi ? Il faudrait s'en réjouir. Votre frère est-il honnête homme ?

L'ABBÉ

Sans doute ! Comme tout le monde.

L'ÉVÊQUE

Aime-t-il M MC de Chailles ?

L'ABBÉ, avec effort.

Oui.

L'ÉVÊQUE

En est-il aimé ?

L'ABBÉ, avec colère.

Oui. C'est possible. Cela m'est égal !

Qu'ils ne soient pas unis !

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