‹ Le duel, pièce en trois actes (volume 4)Chapitre 101 sur 118 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

L'ÉVÊQUE

Ainsi, vous êtes jaloux ?

L'ABBÉ

Je le suis.

Pauvre enfant !

L'ABBÉ

Mais pas comme vous pourriez le penser. Dans mon attachement à cette créature d'élite, il n'entre, je vous le jure, aucun désir coupable.

L'ÉVÊQUE

Jusqu'à présent ?

L'ABBÉ

Non. Malgré les basses tentations que je réprouve, si j'aime trop quelque chose en elle, c'est son âme, fière et troublée, qui grandit et monte dans l'abattement.

C'est elle seule, je vous le jure, que je réclame, que je voudrais au moins garder

parce qu'elle est un peu mon œuvre, l'enfant de ma sévérité, de mon absolution, le trésor de sacrifice et de repentir que j'enrichissais ! Moi seul, ici-bas, je sais ce qu'elle vaut, j'en connais les secrets, les chutes, les relèvements, les beautés splendides et cachées, et je dis que personne ne la mérite ! Donc, il ne la mérite pas.

L'ÉVÊQUB

Pourquoi ?

L'ABBÉ

Parce qu'il la perdra !

L'ÉVÊQUE

A moins qu'elle ne le convertisse !

L'ABBÉ

Il sera le plus fort.

L'ÉVÊQUE

Elle, la plus patiente. En attendant, vous, il faut rester prêtre.

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