ACTE PREMIER
très misérable, dans d'affreuses conditions d'hygiène. Je m'occupe, avec l'appui de quelques hautes personnalités du monde catholique, de créer un établissement — oh ! très modeste ! — mi-dispensaire, mipatronage, où les enfants pauvres et malades pourraient, selon nos ressources, recevoir gratuitement des soins, du lait, des médicaments. Je t'expose tout cela très mal, d'autant qu'il y a là des questions d'organisation pratique et d'administration qui m'échappent et ne sont pas de ma compétence mais auxquelles on a sérieusement songé... tu te rends cepen* dant compte de l'idée ?
LE DOCTEUR, froid.
Elle est excellente.
L'ABBÉ
Tu trouves? J'en suis bien aise et cela m'enhardit. Avant de devenir le célèbre aliéniste dont le nom...
LE DOCTEUR
Pas d'eau bénite!
L'ABBÉ
Tu te méprends. Je sais que tu n'es pas de ceux que Ton flagorne et telle n'était pas ma pensée. Je voulais dire qu'au début de ta carrière tu t'étais fait, pendant trois à quatre ans, une spécialité des maladies de l'enfance. Tu as abandonné bientôt ce genre de travaux, mais sans les oublier. Tu vas encore dire que je te flatte ? Tu passes pour être secourable aux misères humaines...
Aboutis !
L'ABBÉ
Pourrais-tu, si l'affaire prend corps, nous donner, ne serait-ce que deux fois ou une seule fois par semaine, une heure de ta présence et de tes soins?