ACTE PREMIER
LE DOCTEUR
Cela m'est impossible.
L'ABBÉ
Pourquoi?
LE DOCTEUR
Pour beaucoup de raisons. D'abord, je n'ai pas le temps. Je suis retenu ici du matin au soir...
L'ABBÉ Pardon, Si tU le VOUlais. . . (Il appuie énergiquement sur ces mots.) le pOUrrais-tU ?
LE DOCTEUR
Ah ! sans doute ! Si tu le prends ainsi ! On peut toujours ce qu'on veut, surtout si c'est impossible.
L'ABBÉ
Alors, c'est que tu ne le veux pas?...
Pourquoi ?
LE DOCTEUR
Tu me contrains à te le dire ! Parce
qu'il me déplaît de m'associer à une œuvre — même intéressante — d'esprit catholique, fondée par un prêtre, avec l'appui de hautes personnalités du monde clérical.
L'ABBÉ
Je n'aurais jamais attendu de toi pareille réponse ! Ainsi, quand un malade vient te consulter, avant toute chose, tu lui demandes s'il est libre penseur ?
LE DOCTEUR
Non. J'accueille les yeux fermés tous ceux qui se présentent chez moi, mais je ne vais pas, de préférence, porter mes soins chez ceux qui se font soigner par un autre, à qui ils attribuent leur guérison, quand c'est moi qui la leur ai procurée.
L'ABBÉ
De qui veux-tu parler? De quel médecin?
LE DOCTEUR, nuance ironique.
Du tien ! Du docteur Dieu!