‹ Le duel, pièce en trois actes (volume 4)Chapitre 37 sur 118 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

LE DOCTEUR

Cela m'est impossible.

L'ABBÉ

Pourquoi?

LE DOCTEUR

Pour beaucoup de raisons. D'abord, je n'ai pas le temps. Je suis retenu ici du matin au soir...

L'ABBÉ Pardon, Si tU le VOUlais. . . (Il appuie énergiquement sur ces mots.) le pOUrrais-tU ?

LE DOCTEUR

Ah ! sans doute ! Si tu le prends ainsi ! On peut toujours ce qu'on veut, surtout si c'est impossible.

L'ABBÉ

Alors, c'est que tu ne le veux pas?...

Pourquoi ?

LE DOCTEUR

Tu me contrains à te le dire ! Parce

qu'il me déplaît de m'associer à une œuvre — même intéressante — d'esprit catholique, fondée par un prêtre, avec l'appui de hautes personnalités du monde clérical.

L'ABBÉ

Je n'aurais jamais attendu de toi pareille réponse ! Ainsi, quand un malade vient te consulter, avant toute chose, tu lui demandes s'il est libre penseur ?

LE DOCTEUR

Non. J'accueille les yeux fermés tous ceux qui se présentent chez moi, mais je ne vais pas, de préférence, porter mes soins chez ceux qui se font soigner par un autre, à qui ils attribuent leur guérison, quand c'est moi qui la leur ai procurée.

L'ABBÉ

De qui veux-tu parler? De quel médecin?

LE DOCTEUR, nuance ironique.

Du tien ! Du docteur Dieu!

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