‹ Le duel, pièce en trois actes (volume 4)Chapitre 70 sur 118 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

LA DUCHESSE

En attendant, je ne me laisserai jamais tourmenter par l'amour !

LE DOCTEUR

Mais vous ne faites que cela !

LA DUCHESSE

Justement ! Voyez donc? Vous n'avez rien obtenu de moi, je ne vous ai rien donné, nous ne sommes même plus amis !

et parce qu'il a été question, tout à coup, de ce terrible sentiment, voilà que nous sommes comme deux bêtes féroces, que nous nous déchirons?... Et ce n'est qu'avant ! Que serait-ce pendant ? Que serait-ce après?

Oh! ne parlez pas d'après? Répondez ?

Pensez- vous à la mort?

LA DUCHESSE

Souvent.

LE DOCTEUR

La mort en général... oui!... Il est aisé de dire que nous mourrons tous ! Mais à la vôtre, à celle de Marie-Thérèse-Antoinette, duchesse de Chailles, de cette personne qui est là... qui est unique et ne vivra qu'une fois — et puis c'est tout ! — Y songez- vous la nuit, quand vous ne dormez pas? C'est cela, madame, qui s'appelle : Après ! C'est quand vous serez vieille et puis flétrie, et puis dans le tombeau ! %

LA DUCHESSE

Oh ! taisez- vous !

LE DOCTEUR

Pouvez-vous dire alors et m'affirmer que si, dans ce temps-là, on repasse vous interroger aux derniers soirs de la vie, vous ne trouverez pas au fond de vos yeux desséchés des larmes de bile et de sang pour déplorer d'avoir laissé couler et se gas-

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