‹ Le duel, pièce en trois actes (volume 4)Chapitre 71 sur 118 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

piller, sans en jouir, l'amour et la jeunesse ? Où seront alors votre orgueil ? la vertu î cette volonté? ces scrupules? Vous les maudirez ? Trop tard ! Gardez-les pour vos cheveux blancs. Et vivez d'abord...

Vivez! Aimez!.,. Rien ne vaut cela!

Rien !...

LA DUCHESSE

Vous perdez votre temps. Je ne vous crains plus.

LE DOCTEUR

Ainsi rien ne vous émeut ? ne vous ébranle ? Vous n'avez pas pitié de moi ?

de l'amour immense que vous m'avez inspiré?

LA DUCHESSE

Je vous en prie, vous me torturez.

LE DOCTEUR

Eh bien, madame, non seulement vous n'avez pas la foi, mais vous n'en avez même pas le désir et l'élan ! Votre âme

n'obéit qu'à des curiosités de femme et c'est une sorte de perversité mystique et impie qui vous jette à genoux contre la grille derrière laquelle quelqu'un — qui n'est pas Dieu ! — vous écoute et vous plaint !

LA DUCHESSE

... Me traite plus durement que vous!

LE DOCTEUR

Oui, pour vous faire revenir ! Et vous, c'est votre enchantement de vous accuser de la faute avant même de l'avoir commise ! Innocente ou coupable, il vous est si doux de parler du péché ! Quand vous dites : « Je l'ai fait... je ne le ferai plus »... vous le faites encore! Vous le faites toujours ! Les mots : « C'est ma faute »... ne réprouvent pas, ils revendiquent ! Et tous les mea culpa dont vous vous frappez la poitrine, au lieu d'en arracher l'amour, l'y enfoncent, à coups de

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