‹ Le duel, pièce en trois actes (volume 4)Chapitre 90 sur 118 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

L'ÉVÊQUB

Ennemis...

LA DUCHESSE

Ils ne soupçonnaient rien ! Et puis tout s'est découvert! Au nom de l'amour humain et divin, ces deux hommes de devoir et de foi contradictoires, ces deux pas* sionnés implacables, ces deux fils d'une même mère se disputaient en une sorte d'inceste, mon corps, mon âme, mon bonheur... Ils m'écartelaient! Et c'était moimême qui m'étais mise dans leurs mains !

J'aimais l'un, je respectais l'autre. Je les estimais différemment, j'en avais un égal effroi, je ne pouvais pas plus me passer de celui qui m'étourdissait par les artifices de l'amour que de celui qui m'initiait aux voluptés du renoncement... Je trouvais qu'ils avaient tous les deux raison, tous les deux tort, et je me sentais à

jamais leur prisonnière, leur victime, leur obligée. Je fus terrifiée.

L'ÉVÊQUE, avec une nuance de calme incrédulité.

A ce point ?

LA DUCHESSE

Vous *llez l'être aussi. Car vous ne savez rien. Le plus beau n'est pas dit.

L'ÉVÊQUE

Dites-le vite.

LA DUCHESSE

Eh bien... inconsolable et furieux de voir que j'échappais à sa conquête, M. Mo^ rey n'a pas craint, dans la démence de ses reproches, de mettre en doute l'honorabilité de ma foi, de m'accuser de coquetterie sacrilège, d'aller jusqu'à croire que le désir de Dieu n'était pas seul à me précipiter aux pieds de son représentant.

L'ÉVBQUE

Alors ?

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