‹ Le duel; pièce en trois actesChapitre 64 sur 105 · LE IK)CT£UR · texte numérisé non relu

LE IK)CT£UR

. . • Alors, si affranchi que tu sois des réalités! tu ne

peux pas ne pas remarquer que cette femme est impres*

5 sionnante ... et douloureuse et belle! • . . car tu as

le sentiment de Tart et de la beauté. . • • C'est une

justice à te rendre.

l'âbbê Poiirsuis? Achève?

LE DOCTEUR

... Et brusquement, tu retombes sur terre! • • • 10 L'âme? Où est Pâme? . . . Elle a pris corps! . • • Au vent d'une robe de femme un frisson te passe et tu t'épouvantes d'être homme!

l'abbé

Non, ce n'est pas cela qui m'épouvante, mon ami • • • c'est la monstruosité des moyens déloyaux que tu ne IS crains pas de ramasser pour arriver, coûte que coûte, à l'assouvissement de ton désir! Voilà ce que l'amour contrarié peut faire commettre à un honnête homme! Car c'est là ce qu'il y a d'affreux. Tu ne penses pas ce que tu dis!

li6 LE DUEL

travers ta plainte ... à ta colère, à ton geste, à ta voix ... il est aisé de sentir le tressaillement d'une passion!

l'abbé Qu'est-ce que tu veux dire?

LE DOCTEUR

Que la cause de la créature t'est aussi chère que celle s du Créateur!

l'abbé Les deux n'en font qu'une.

D'accord, pour commencer. Mais voici que peu à peu l'amour du Rédempteur passe au second plan et l'intérêt de la pécheresse au premier ... tu te com- lo plais à cette noble lutte. . . . Avant même de ne rien savoir de la personnalité de ta précieuse fidèle tu as cependant déjà conscience d'être en commerce intime et privilégié avec une créature exceptionnelle, d'une intelligence et d'ime sensibilité supérieures, et quand, 15 enfin, tu la connais, qu'elle vient ici, lève son voile et que vos deux pâleurs se trouvent face à face! . . . Alors. . . . Ah! . . .

l'abbê Eh bien, quoi?

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