LE IK)CT£UR
. . • Alors, si affranchi que tu sois des réalités! tu ne
peux pas ne pas remarquer que cette femme est impres*
5 sionnante ... et douloureuse et belle! • . . car tu as
le sentiment de Tart et de la beauté. . • • C'est une
justice à te rendre.
l'âbbê Poiirsuis? Achève?
LE DOCTEUR
... Et brusquement, tu retombes sur terre! • • • 10 L'âme? Où est Pâme? . . . Elle a pris corps! . • • Au vent d'une robe de femme un frisson te passe et tu t'épouvantes d'être homme!
l'abbé
Non, ce n'est pas cela qui m'épouvante, mon ami • • • c'est la monstruosité des moyens déloyaux que tu ne IS crains pas de ramasser pour arriver, coûte que coûte, à l'assouvissement de ton désir! Voilà ce que l'amour contrarié peut faire commettre à un honnête homme! Car c'est là ce qu'il y a d'affreux. Tu ne penses pas ce que tu dis!
li6 LE DUEL
travers ta plainte ... à ta colère, à ton geste, à ta voix ... il est aisé de sentir le tressaillement d'une passion!
l'abbé Qu'est-ce que tu veux dire?
LE DOCTEUR
Que la cause de la créature t'est aussi chère que celle s du Créateur!
l'abbé Les deux n'en font qu'une.
D'accord, pour commencer. Mais voici que peu à peu l'amour du Rédempteur passe au second plan et l'intérêt de la pécheresse au premier ... tu te com- lo plais à cette noble lutte. . . . Avant même de ne rien savoir de la personnalité de ta précieuse fidèle tu as cependant déjà conscience d'être en commerce intime et privilégié avec une créature exceptionnelle, d'une intelligence et d'ime sensibilité supérieures, et quand, 15 enfin, tu la connais, qu'elle vient ici, lève son voile et que vos deux pâleurs se trouvent face à face! . . . Alors. . . . Ah! . . .
l'abbê Eh bien, quoi?