‹ Le duel; pièce en trois actesChapitre 8 sur 105 · ACTE I, SCÈNE H · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE H

LE DOCTEUR

Quelles lois? . . . Dîvînes? . . .

LA DUCHESSE

Non, humaines et un peu au-dessus: des lois d'honneiu:, de devoir, de sauvegarde et d'orgueil.

LE DOCTEUR

Je n'entends pas ce que vous voulez dire. Quand le S bonheur se présente à deux êtres en même temps, qu'ils sont tous deux certains que c'est lui qui est là, qui frappe à la porte, ils ont toujours le droit et le devoir de se précipiter et de la lui ouvrir, en mêlant leurs mains, quand même ils sauraient que le passant ne va 10 faire qu'entrer, rester dnq minutes et repartir.

LA DUCHESSE

Mais qu'est-ce que le bonheur? . . . Vous en avez une idée?

LE DOCTEUR

Parfaitement! C'est l'amour.

LA DUCHESSE

Êtes-vous sûr?

LE DOCTEUR

IS Comme de vous voir.

l8 LE DUEL

LA DUCHESSE

Et VOUS y croyez à Tamour? Vous y pensez?

Je ne pense qu'à lui. Pas vous?

LA DUCHESSE

Moî, je n'y pense plus.

LE DOCTEUR

Cela revient au même. Pourquoi désespérer? Vous vous méconnaissez vous-même, vous êtes jeune, arrosée s d'un sang rare et pur, pleine de nobles impatiences, d'ardeur, de force et d'aitières pensées. Vous pouvez tout espérer de l'avenir! . . .

LA DUCHESSE

Je ne lui demande rien.

LE DOCTEUR

Il vous doit. Vous êtes sa créancière. La vie vous lo doit de la vie, c'est-à-dire de l'amour. Elle vous le payera.

LA DUCHESSE

Je le refuserai. L'amour est le fléau du monde. Tous nos maux viennent de lui.

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