‹ Le duel; pièce en trois actesChapitre 92 sur 105 · L^ABBÉ · texte numérisé non relu

L^ABBÉ

Certainement. Nous souffrons tous. Il n'y a pas de joies sans souffrances . . . mais il y a des souffrances sans joies. Dieu vous préserve de ces dernières! Moi, 5 ce sont uniquement les premières que je veux pour vous.

LA DUCHESSE

Les souffrances de Tamour?

l'abbé

Oui! Et les autres aussi, toutes les souffrances! . . • à condition qu'elles fassent partie intégrale de la vie, qu'elles soient les épines de cette rose sacrée. Vous gé- 10 mirez le lendemain! niais vous aurez au moins possédé les félicités de la veille. Vous aurez passé dans le feu! Vous pourrez dire: « Il m'a brûlée ». Vous ne serez pas une morte animée, im automate de vertu, sans larmes et sans passions. Voilà pourquoi je veux que vous 15 soyez un jour, le plus tôt possible, la femme du seul homme qui a troublé votre esprit et touché votre cœur, de mon frère qui vous adore et auquel, fatalement, vo\is étiez destinée.

LA DUCHESSE

Oui. Mais quelle insistance vous y mettez! Avec 20 quelle étrange ardeur vous me parlez de lui I

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