‹ Le duel: ses lois, ses règles, son histoireChapitre 20 sur 29 · L'ESCRIME A VOL D'OISEAU · texte numérisé non relu

L'ESCRIME A VOL D'OISEAU

Tout est vogue, faveur du moment; engouement dans le prestige, qui entoure Tes- Crime. Aujourd'hui on en parle moins, hier on en parlait beaucoup, demain ce âera le isport à la mode.

Toutefois, il faut reconnaître, à Paris, uû droit de priorité dans la question.

De tous les temps, les cercles et les salles d'armes de la capitale ont eu un juste renom ; la province, l'étranger ont bien eu et ont encorjEi leurs étoiles qui jettent sur ce bel art un reflet lumineux, mais ce sont des étoiles filantes qui scintillent et disparaissent....

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Toutefois, Jean-Louis, le grand pontife de l'école classique, a rendu ses oracles pendant nombre d'années à Montpellier sans qu'il ait été utile, à sa légitime réputation de recevoir le baptême de Paris.

Les Italiens ont été nos premiers maîtres.

Le sceptre de Tépée est passé de leurs mains dans les nôtres au xyii"* siècle.

En ne remettant qu'en 1871, nous trouvons les assauts d'escrime en pleine vogue.

La nécessité de la défense, l'instinct de la préservation avaient engendré le goût des armes.

Jamais nous n'avions vu tant et de si belles réunions. Un cercle se fonda qui inscrivit l'escrime au frontispice de ses statuts ; tout le monde accourut dans le salon des « Éclaireurs » où s'engagèrent de brillantes passes d'armes.

Les vieux maîtres descendirent dans l'arène afin de reprendre le rang qu'ils occupaient avant les événements. Chacun brigua un nouveau numéro d'ordre.

Après les vieux, ce firent les jeunes. De nouvelles réputations surgirent.

Un beau jour, les anciens crurent s'apercevoir qu'ils faisaient, à leur insu, la courte échelle aux jeunes réputations. A partir de ce moment ce fut un mot d'ordre : tous s'abstinrent de paraître dans les assauts publics, redoutant de jouer leur réputation sur un coup de bouton. Ce jour, les assayts perdirent de leur éclat et le public s'accoutuma à lire avec indifférence des affiches qui le convoquait à des réunions sans émotion.

Les maîtres ont eu tort, et leur trop grande susceptibilité à été cause que l'escrime, perdant de son relief, leurs salles sont devenues moins fréquentées...

Mais, cela n'est qu'un accident. De hautes et influentes personnalités veillent avec respect sur l'arche sainte. L'escrime ne périclitera pas; semblable au feu qui couve sous la cendre, il ne faudrait qu'une étincelle pour que la flamme pétillât...

Un mot pour nous résumer : L'escrime est

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émipeomeut sympathique en France ; mais pour que le goût se généralisât, il faudrait de grands assauts publics et pour que les assauts exerçassent leur prestige, il faudrait que tous ceux qui détiennent une réputation, maîtres et amateurs civils et militaires^ missent de c6té Tamour propre et descendissent dans l'arène.

Le salut est à ce prix.

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