L'efficacité remarquable du blocage anes
thésique des splanchniques démontre l’intervention du sympathique, comme facteur pathogène.
Considérations relatives à cette observation
Il nous semble légitime d’admettre, au sujet de cette observation, l’existence d’une dilatation segmentaire jéjunale de nature sympathicotonique, apparentée par conséquent au méga-œsophage et aux méga-colons.
Le mécanisme que nous proposons est le suivant :
Les aliments, évacués en masse dans le jéjunum, dans un état de préparation incomplète, se comportent comme des stimuli mécaniques et chimiques. Les terminaisons nerveuses des filets sympathiques sont excitées. Ce phénomène est à l’origine d’un
réflexe dont les voies afférentes et efférentes sui-
vént le trajet des splanchniques. Ce réflexe a pour effet une inhibition active de la musculature lisse du jéjunum..
Cette hypothèse n’exclut pas la possibilité d’une diséension mécanique, donc passive, du jéjunum par les aliments; mais celle-ci n’agit que comme stimulus. La distension observée est le résultat
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d’une dilatation active par action du sympathique sur les muscles lisses. *
On sait que les fibres sensitives de l’intestin, comme celles de lestomac, suivent le trajet des splanchniques. L'existence du réflexe décrit nous paraît donc évidente. Il nous semble également logique d'attribuer aux splanchniques les troubles: subjectifs du dumping-syndrome. Il est illogique ‘d’en rendre responsable les vagues. Ceux-ci ne conduisent aucune sensibilité douloureuse. L’excitation de leur bout central ne provoque que de la nausée. La vagotomie ne supprime les troubles digestifs de la maladie ulcéreuse que par un mécanisme indirect : diminution de la sécrétion de CIH et des contractions gastriques (Volf).
Pour nous résumer, l’hypothèse faisant intervenir l’action des splanchniques nous semble plus apte à expliquer le dumping-syndrome, dans le cas rapporté, pour les raisons suivantes :
1. Les fibres sensibles suivant le trajet des .splanchniques, il nous semble logique d’admettre le rôle de ceux-ci dans la symptomatologie subjective du dumping-syndrome. En plus de la possibilité de réflexes locaux portant sur la région intestinale voisine du point excité, nous pouvons imagi- ‘ner des désordres généraux dans l’équilibre neurovégétatif de malades présentant déjà une certaine instabilité nerveuse.
2. Le cas observé nous montre clairement la nature sympathicotonique de l’affection et l’existence d’un réflexe dont les influx sensibles et moteurs empruntent les voies splanchniques.
3. Cette hypothèse permet de mieux comprendre certaines observations de dumping-syndrome plus sévères après vagotomie. La suppression des
ou.
vagues laisse le champ libre à une hypertonie sympathique responsable des troubles.
4. Nous retrouvons ce mécanisme dans d’autres affections de Pappareil digestif. |
Nous avons déjà cité l’analogie frappante de notre observation de méga-jéjunum avec les images de méga-æsophage et de méga-colons. L'origine sympathique de ces syndromes est connue depuis longtemps. De tels faits s’apparentent certainement aux dilatations aiguës post-opératoires.
On peut, en effet, incriminer un processus sympathique dans ces dilatations aiguës post-opératoires des estomacs réséqués.
Il s’agit de distensions aiguës, gastro-jéjunoduodénales, avec intégrité des sutures, s’accompagnant de vomissements, déshydratation, chute de l’état général, collapsus. La mort survient très souvent. L'origine des troubles est une inhibition active d’un segment digestif par action réflexe, à point de départ splanchnique. L’agression opératoire peut être responsable d’un réflexe, dont les voies conductrices centripète et centrifuge empruntent le trajet des splanchniques.
{est ce que démontrent l'efficacité du blocage anesthésique des splanchniques dans la prévention et le traitement de cette affection, d’une part, et les travaux expérimentaux de Reiïlly, d'autre part. Reïilly, en effet, a pu reproduire expérimentalement la dilatation aiguë de l’estomac par excitation des splanchniques et la chaîne sympathique cervicale, avec des procédés divers.
J1 s’agit ici d’une dilatation aiguë; dans le cas de notre malade, il s’agit d’une dilatation chronique. Les mécanismes ne différent qu’au point de, vue de leur brutalité.
Sage E: VE
On peut rappeler encore'les troubles décrits sous le nom de « syndrome de l’anse afférente » :. ils font eux aussi intervenir un désordre réflexe local, d’origine sympathique. Là encore, l’infiltration des splanchniques donne de bons résultats.
5. Le blocage anesthésique des splanchniques nous a donné des résultats remarquables dans le cas observé. Aucune médication n’avait présenté, - Jusqu'ici, une telle efficacité dans le traitement de ce syndrome douloureux et rebelle.
Nous pensons qu’une intervention chirurgicale sur les splanchniques aurait pu assurer une amélioration durable, et peut-être définitive.
CA
MARÉES ET AR f de
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Conclusions
Le
— Les séquelles des gastrectomies pour ulcère se montrent de plus en plus fréquentes, depuis que VE cette Pour est de plus en plus pratiquée. Me don
= EE pe supression physiologique de l'estomac | est, en effet, de nature à entraîner des troubles Sue multiples par des mécanismes très divers. |
eee dumping: syndrome apparaît comme l’une
des conséquences les plus fréquentes et les plus | ue
__ sérieuses par ses répercussions. Mais son mécanis- ME
me pathogénique présente encore beaucoup d'obscurité. ï
| — Une observation nous permet d’entrevoir une explication pathogénique, en même temps que des possibilités thérapeutiques nouvelles.
— En effet, un malade, marqué par son tempé- rament neuro-tonique, a réalisé un syndrome de … méga-jéjunum en tous points comparable au méga-
te
œsophage et aux méga-colons, par sa pathogénie : sympathicotonie.
— La médication sympathico-lytique a eu une action très heureuse.
— Il est possible qu’une intervention chirurgicale sur les splanchniques puisse être fructueuse.
Le Président de la Thèse :
GRIMOUD
Vu : Le Doyen :