‹ Le FaiseurChapitre 1 sur 147 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

BRÉDIF d'abord seul, puis MERCADET.

BRÈDIF.

Un appartement de onze pièces, superbes , au cœur de Paris, rue de Grammont ! . . . et pour deux mille cinq cents francs ! J'y perds trois mille francs tous les ans... et cela., depuis la révolution de Juillet. Ah! le plus grand inconvénient des révolutions, c'est celle subite diminution des loyers qui... Non, je n'aurais pas du. faire de bail en 1830 !... Heureusement, M. Mercadet est en arrière de six termes , les meubles sont saisis , et en les faisant vendre. ...

mercadet (qui a entendu les derniers mots).

Faire vendre mes meubles ! Et vous vous êtes réveillé dès le jour pour causer un si violent chagrin à l'un de vos semblables?...

BRÉDIF.

Vous n'êtes, Dieu merci! pas mon semblable, monsieur Mercadet ! . . . Vous êtes criblé de dettes, et moi je ne dois rien; je suis dans ma maison, et vous êtes mon locataire.

MERCADET

Ah! oui, l'égalité ne sera jamais qu'un mot! nous serons toujours divisés en deux castes : les débiteurs et les créanciers, si ingénieusement nommés les Anglais; allons, soyez Français, cher monsieur Brédif, touchez là?

BRÉDIF.

J'aimerais mieux toucher mes loyers, mon cher monsieur Mercadet.

MERCADET

Vous êtes le seul de mes créanciers qui possède un gage... réel! Depuis dix-huit mois vous avez saisi, décrit pièce à pièce, avec le plus grand soin,

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