ACTE I, SCÈNE I
ce mobilier qui certes vaudra bien quinze mille francs, et je ne vous devrai deux années de loyer que... dans quatre mois.
BRÈDIF.
Et les intérêts de mes fonds?... je les perds.
MERCADET
Demandez les intérêts judiciairement?... Je me laisserai condamner.
BRÉDIF.
Mon cher monsieur Mercadet, je ne fais pas de spéculation, moi! je vis de mes revenus ; et si tous mes locataires vous ressemblaient... Ah! tenez, il faut en finir...
MERCADET
Comment , mon cher monsieur Brédif, moi qui suis depuis onze ans dans votre maison, vous m'en chasseriez? vous qui connaissez tous mes malheurs, vous, le témoin de mes efforts! Enfin, vous savez que je suis la victime d'un abus de confiance. Godeau...
BRÉDIF.
..Allez-vous encore me recommencer l'histoire de
la fuite de votre associé j mais je la sais, et tous vos créanciers la savent aussi. Puis, après tout, M. Godeau...
MEItCADET.
Godeau?... J'ai cru, lorsqu'on lança le type si célèbre de Robert Macaire, que les auteurs l'avaient connu!...
BRÉD1F.
Ne calomniez pas votre associé? Godeau était un homme d'une rare énergie, et un bon vivant!... Il vivait avec une petite femme... délicieuse...
MERCADET
De laquelle il avait un enfant, et qu'ils ont abandonné...
BRÉDIF.
Mais Duval, votre ancien caissier, touché par les prières de cette charmante femme , ne s'est-il pas chargé de ce jeune homme?
MERCADET
Et Godeau s'est charge de notre caisse...
BRÉMF.
Il vous a emprunté cent cinquante mille francs ..