‹ Le FaiseurChapitre 63 sur 147 · MINARD, JULIE · texte numérisé non relu

MINARD, JULIE

JULIE

Eh bien! Adolphe?...

MINARD

Mademoiselle?...

JULIE

Mademoiselle? Ne suis-je plus Julie? Avez-yous tout arrangé avec mon père?...

MINARI).

Oui... C'est à dire....

JULIE

Oh! l'argent a toujours blessé l'amour ; mais j'espère que vous aurez vaincu mon père....

MINARD

Ah! Julie, votre père a des raisons.... judiciai... judicieuses...

JULIE

Que s'est-il donc passé entre vous et lui? Adolphe! vous n'avez plus l'air de m'aimer....

MINARD

Oh! toujours....

Ah ! j'avais le cœur déjà serré....

MINARD, Il s'est opéré un grand changement dans notre situation.

JULIE

Vous n'avez pas surmonté tous les obstacles?

MINARD

Votre père ne nous a pas dit sa situation, elle est horrible,, Julie, car elle nous voue à la misère. Il y a des hommes à qui la misère donne de l'énergie : moi, vous ne connaissez pas mon caractère, je suis de ceux qu'elle abat... Tenez!... je ne soutiendrais pas la vue de votre malheur.

JULIE

J'aurai du courage pour deux. Vous ne me verrez jamais que souriant. D'ailleurs, je ne vous serai point à charge. Ma peinture me procure autant d'argent que votre place vous en donne, et, sans être riche, je vous promets de faire régner l'aisance dans notre joli ménage.

MINARD (à part).

Il n'y a que les filles pauvres pour nous aimer ainsi...

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