MINARD, JULIE
JULIE
Eh bien! Adolphe?...
MINARD
Mademoiselle?...
JULIE
Mademoiselle? Ne suis-je plus Julie? Avez-yous tout arrangé avec mon père?...
MINARI).
Oui... C'est à dire....
JULIE
Oh! l'argent a toujours blessé l'amour ; mais j'espère que vous aurez vaincu mon père....
MINARD
Ah! Julie, votre père a des raisons.... judiciai... judicieuses...
JULIE
Que s'est-il donc passé entre vous et lui? Adolphe! vous n'avez plus l'air de m'aimer....
MINARD
Oh! toujours....
Ah ! j'avais le cœur déjà serré....
MINARD, Il s'est opéré un grand changement dans notre situation.
JULIE
Vous n'avez pas surmonté tous les obstacles?
MINARD
Votre père ne nous a pas dit sa situation, elle est horrible,, Julie, car elle nous voue à la misère. Il y a des hommes à qui la misère donne de l'énergie : moi, vous ne connaissez pas mon caractère, je suis de ceux qu'elle abat... Tenez!... je ne soutiendrais pas la vue de votre malheur.
JULIE
J'aurai du courage pour deux. Vous ne me verrez jamais que souriant. D'ailleurs, je ne vous serai point à charge. Ma peinture me procure autant d'argent que votre place vous en donne, et, sans être riche, je vous promets de faire régner l'aisance dans notre joli ménage.
MINARD (à part).
Il n'y a que les filles pauvres pour nous aimer ainsi...