ACTE III. SCÈNE VIII
MERCADET
Oh! il n'y a que l'âme et l'idéal. Je suis de mon époque. Je conçois cela, moi! L'idéal, fleur de la vie! Monsieur, c'est un effet de la loi des contrastes. Comme jamais il n'y a eu plus de positif dans les affaires, on a senti le besoin de l'idéal dans les sentiments. Ainsi, moi, je vais à la Bourse et ma fille se jette dans les nuages. Elle est d'une poésie!... oh ! elle est tout âme! Vous êtes, je le vois, de l'école des lacs...
Non , monsieur.
MERCADET
Comment alors aimez -vous Julie, si vous ne cultivez pas l'idéal?
MÉRicouRT (à la Brive).
Trouve-lui des raisons
de la brive (h Méricourt).
Attends! (A Mercadet.) Monsieur, je suis ambitieux...
MERCADET
Ah! c'est mieux.
• Et j'ai vu en mademoiselle Julie une personne
très distinguée, pleine d'esprit, douée de charmantes manières, qui ne sera jamais déplacée en quelque lieu que me porte ma fortune ; et c'est une des conditions essentielles à un homme politique.
MERCADET
Je tous comprends! On trouve toujours une femme, mais il est très rare qu'un homme qui veut être ministre ou ambassadeur rencontre (disons le mot, nous sommes entre hommes?) sa femelle! ... Vous êtes un homme d'esprit, monsieur...
Monsieur, je suis socialiste.
MERCADET
Quelque nouvelle entreprise?... Mais parlons d'intérêts, maintenant...
MÉRICOURT
Il me semble que cela regarde les notaires.
Monsieur a raison , cela nous regarde bien davantage !
MERCADET
Monsieur a raison.
Monsieur, je possède pour toute fortune la terre