‹ Le FaiseurChapitre 83 sur 147 · ACTE III. SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE III. SCÈNE VIII

que deux cents arpents, mais elle est en pleine Brie, bien bâtie. Moi, je lui donne deux cent mille francs, dont je lui servirai la rente jusqu'à ce que vous ayez trouvé un placement sur : car, jeune homme, il ne faut pas vous abuser, nous allons brasser des affaires; moi, je vous aime, vous me plaisez. Vous avez de l'ambition?...

Oui, monsieur.

Vous aimez le luxe, la dépense , "vous voulez briller à Paris?...

Oui, monsieur.

MERCADET

Y jouer un rôle?

Oui, monsieur.

MERCADET

Oh! j'ai deviné cela en vous voyant passer : je connais les hommes. Vous avez la tenue de ceux qui se savent un avenir.

MÉRicouRT (à part).

* Et qui l'escompteront toujours.

MERCADET

Eh bien ! déjà vieux t obligé de reporter mon ambition sur un autre moi-même, je vous laisserai le rôle brillant.

DE LA BIUVE.

Monsieur, j'aurais eu à choisir entre tous les beaux-pères de Paris, c'est à vous à qui j'aurais donné la préférence; \ous êtes selon mon cœur.

MERCADET

La jeunesse est faite pour le plaisir. Vous et ma fille, brillez ! ayez un hôtel, des voitures, donnez des fêtes! Julie est une fille d'esprit, elle jouera ce rôle à merveille. Voyez-vous, n'imitons pas ces gens qui s'élèvent pour quelques jours et qui retombent aussitôt, espèces de fusées parisiennes... Que la fortune de votre femme soit inattaquable!...

MÉRICOURT

Inattaquée.

Si l'on ne réussit pas?

MERCADET

Ou si Ton réussit trop...

DE LA DRIVF.

On a toujours du pain...

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