ACTE III, SCÈNE VIII
De la brive (a Méricourt).
Aie! aïe!
MERCADET
Vos terres , vos marais , car je vois tout le parti qu'on peut tirer de ces marais! On peut former une société en commandite pour l'exploitation des marais salants de la Brivelll y a là plus d'un million, monsieur.
Je le sais bien, monsieur, il ne s'agit que de se le faire offrir.
mercadet (à pari).
Voilà un mot qui révèle une certaine intelligence. (Haut.) Mais avez-vous des dettes? Est-ce hypothéqué? car on peut posséder visiblement une terre dont la propriété se trouve appartenir secrètement à nos créanciers.
MÉRICOURT
Vous n'estimeriez pas mon ami, s'il n'avait pas de dettes...
Je serai franc, monsieur. Il y a pour quarantecinq mille francs d'hypothèque sur la terre de la • Brive...
MERCADET (à pari). Innocent jeune homme ! [Haut.) Vous pouviez... (Il lui prend les mains.) Vous ayez mon agrément, vous serez mon gendre, vous êtes l'époux de mon choix ! Vous ne connaissez pas votre fortune! de i.a brive (à Méricouri).
Mais cela va trop bien !
méricotjrt (à la Brive).
il a vu une spéculation qui l'éblouit.
MERCADET (a part).
Avec des protections, et on les achète, nous pourrons faire des salines. Je suis sauvé! {Haut.) Permettez-moi de vous serrer la main à l'anglaise. (// lui donne une poignée de mains.) Vous réalisez tout ce que j'attendais de mon gendre. Je le vois, vous n'avez pas l'esprit étroit des propriétaires de la province, nous nous entendrons.
Monsieur, vous ne trouverez pas mauvais que, de mon côté, je vous demande...
MERCADET
Quelle sera la fortune de ma fille? Oh! elle se marie avec ses droits ; sa mère lui fera l'abandon de ses biens (en nu-propriété), une petite ferme qui n'a