‹ Le farfadet operacomique en un acteChapitre 11 sur 22 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

grand merci ! Ça va tout seul. Et puis, vois-tu, Babet, je voudrais te consoler un brin. Ça m’afflige de faire de la peine à une bonne et jolie fille comme toi.

babet. -

Taisez-vous, enjôleur!

BASTIEN

Non, foi de Bastien, je t’aime toujours pas mal!.... Et,

3 uand je te retrouve eomme ça toute seulette.... ça me onne des souvenirs.... ça me fait soupirer tout doucement.

MARCELIN, à part.

Le tête-à-tête est fort gentil.

BASTIEN, à Babet.

Quoi?

BABET

Comment?

BASTIEN

Tu dis que je suis gentil?

BABET

Eh! tu rêves, je ne dis rien du tout, je ne t’écoute seu-? lement pas. Je pense à mon cousin qui, s’il était vivant, ne souffrirait pas la tromperie que tu me fais.

BASTIEN

Ah pardi ! je crois bien : il me rossait régulièrement deux ou trois fois la semaine.

BABET

Et j’espère bien qu’il reviendra de lk-bas pour te chatouiller les jambes le premier soir de tes noces.

MARCELIN, à part.

C'est possible !

BASTIEN, 'a Babil.

Ah bah ! possible!.... Tais-toi, Babet, ça m’impatiente! Tu sais bien que tous les Marcelin de ce monde ou de l’autre ne peuvent rien contre mon mariage : mon parrain a le contrat dans sa poche, bien signé, bien paraphent c« contrat porte un dédit de douze mille livres!

22 LE FARFADHT.

MARCELIN, à part , frappant sur les sacs dont la farine couvre la figure de Bastien.

Ah diantre !

bastien, s’essuyant les yeux.

Allons! voilà que tu m’enfarines.

babet, de même.

Comment, je t’enfarine?

BASTIEN

Oui, ta colère est bête de taper sur les sacs, ce n’est pas leur faute si je ne t’épouse pas.

Et o’est toi-même qui me jettes de la poudre aux yeux pour me fâcher et me faire changer de conversation. Mais non, je te parlerai toujours du défunt pour t’empêcher de dormir. Ce cher ami ! comme je l’ai pleuré. Il m’a toujours protégée, m’a appris à lire ; il m’achetait des rubans, et, quand ma mère me grondait, c’était lui qui prenait mon

E arti et me consolait en me donnant un gros baiser de onne amitié.

MARCELIN

C’est vrai. (Il baisse la tête et l’embrasse.)

babet, se levant et donnant un coup de poing à Bastien. Veux-tu finir, trompeur de filles?

bastien, se levant aussi.

Qu’est-ce qui te prend donc ?

babet.

Ça t’apprendra!

Quoi donc?

bastien.

babet.

A m’embrasser comme autrefois!

BASTIEN

Je viens de t’embrasser, moi ?

BABET

Et qui donc? Le farfadet du moulin?

BASTIEN, tremblant.

Oh! tais-toi, tais-toi, Babet; car la même idée vient de

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