DUO
BABET
Que ta peur est irabécille !
Cette porte, sans bouger,
Etait sage et bien tranquille;
A quoi donc vas-tu songer?
BASTIEÿ. ,
Oui vraiment, ma tête est folle;
C'est la peur qui me poursuit;
Mais pourtant, sur ma parole,
Cette porte a fait du bruit.
BABET
C’est le vent.
BASTIEN. - •
Oui, peut-être.
BABET
Qui battait...
La fenêtre.
BABET
C'est le vent.
BASTIEN
Sûrement.
BABET
C’est le vent.
BASTIEN. '
C’est le vent.
(Ils posent leurs flambeaux mr la table, et Daslien suspend sa casaque et son chapeau au madrier de la meule, de façon a représenter un épouvanlail de jardin pour les oiseaux.) ENSEMBLE, se tenant sous le bras ,
Pouitant il me semble Qu’on est plus content fie rester ensemble Pour causer gatmcnt.
Et, pour nons distraire,
Voyons, en amis,
Voyons à nons faire Des contes jolis.
BABET, le quittant brusquement .
Non ! je suis trop bonne !
Tu n’es qu’un trompeur !
BASTIEN, doucereusement.
Pourquoi, ma mignonne, '
Cet accès d’humeur ?
BABET
Tu n’es qu’un trompeur !
BASTIEN
Pourquoi cette huméur?
BABET
Mais bientôt Laurcttc Saura me venger.
BASTIEN
Tu la crois coquette?
BABBT.
Tu vas enrager.
BASTIEN
Je vois ton adresse,
Ton jaloux chagrin.
• - BABET
Toute sa tendresse Est pour Marcelin.
BASTIEN
Ton cousin?
Mon cousin.
BASTIEN
Un galant trépassé !
BABET
C’est égal, elle l’aime.
BASTIEN
El qui t’a dit cela?
BABET
Pardi ! c’est elle-même.
BASTIEN
Autrefois ?