ACTE I, SCENE VI
HAVIN
Vous? Quelles opinions pouvez-vous bien avoir?
l)liSCKEN'.NES
Comment, quelles opinions? Il me semble que cela va de soi. C'est écrit sur mes cartes de visite. Je ne puis être qu'un légitimiste intransigeant... Tenez, voici quelle était mon idée. J'irais dans un quartier ouvrier...
LA COMTIiSSË I)Ë PRÉCILliKRT
Par exemple!
n'ESCRENXES
Je parlerais dans les réunions publiques.
Je dirais en substance : « Me.s amis, j'ai onze cents .ans de noblesse (lerrièrc moi.
Jesuis le marquis d'Kscrennes, et je m'appelle Hugues, comme Capet. Je n'entends rien à la politique, vous non plus. Ce que nous savons, vous et moi, c'est que tout va de mal en pis. Eh bien, le Roi est là, prêt k monter à cheval... »
HAVIN
Ça ne lui réussit pas. Chaque fois qu'il y monte...
DONATIEN
Il ramasse une pelle.
LA COMTESSE DE PRÉGILBERT
Donatien!... Monsieur Havin, vous me surprenez.
HAVIN
C'est une bien innocente plaisanterie, permise à un non-royaliste comme moi.
LA COMTESSE EPERJES
Seigneur ! ne parlons pas politique.
Nous allons passer à côté, où on a dû servir des choses plus solides. (On va vers la salle à manger. D'Kscrenncs reste en arrière avec le prince.)
LA DUCHESSE, à M. Havin.
Je croyais que vous deviez vous occuper activement des élections et travailler les quartiers pauvres. Vous ne soutien-
driez pas un candidat bien pensant comme le marquis?
HAVIN
Jamais de la vie! Cette tête brûlée, ce chevau-léger , ce légitimiste ? Ce qu'il nous faut, madame la duchesse, c'est des bons républicains, élevés chez les Pères.