ACTE I, sci-:ne I
MADESIOlSr.LLE DE TOURNCri
Les six mois qui restent vous suffisent bien ; vous ne me faites pas l'effet d'une mère poule. Et puis vous seriez mal venue ce soiràvous lamenter du partage, puisque vous attendez élargit, et que c'est le père qui va être privé.
LA COirrESSE El'EKJES
C'est parce que je l'attends ce soir que je suis nerveuse, inquiète, je ne vis plus.
Dans quel état, grand Dieu ! ma fille vat-elle me revenir?
Jl ADEilOlSET.J.E [)E TOUKNL'S
Est-ce qu'elle est malade?
l.A COMTESSE El'EKJES
Au contraire!... Ce n'est pas ça du tout.
Vous ne connaissez pas élargit. Vous ne savez pas quelle nature {le feu !...
MAUËMOISEI.I.E DE TOeK.NUS
Elle tient de vous.
LA COMTESSE EPERJES
Oui... Et de son père d'ailleurs. Eperjes est un homme terrible .. (Un soupir.) terrible... Et bien beau... Comme tous les Hongrois... Mais des brutes !... Ce n'est pas un père qui peut surveiller sa fille, et un malheur est si vite arrivé ! J'en ai la continuelle angoisse pendant les six mois d'absence de Margit, et, dès qu'elle arrive, c'est la première question que je lui pose.
MADEMOISELLE DE TOURNUS
En quels termes ?
LA COMTESSE EPERJES
Pas en propres termes. Je la regarde bien dans les yeux, et je lui dis : « Margit ? » Elle comprend, elle me regarde en face, elle me dit : « Calme- toi, maman, calme-toi. »
MADEMOISELLE DE TOURNUS
Et vous êtes fixée ?