‹ Le Faubourg Saint-HonoréChapitre 2 sur 20 · PERSO · texte numérisé non relu

PERSO

L’utilité de la présente notice sur l'hôtel que possède M. le baron Gérard réside aussi bien dans la publication des planches hors texte qui l'accompagnent que dans l’historique de cette belle et ancienne demeure.

L'emplacement, en 1765, de la propriété qui fut diminuée

depuis par le percement de la rue Matignon, était occupé par deux maisons et trois terrains auxquels s’ajouta, le 23 mars de la même année, une pièce de terre où s'édifiaient trois immeubles au milieu d'un arpent et demi en marais avec arbres fruitiers et ceps de vignes aboutissant au chemin des Gourdes ; le tout fut soldé 12.010 livres, plus 490 livres de ais (contrat du 27 novembre 1765).

En 1787, Thiéry, dans son Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris (t. 1, p. 81), présente ainsi la nouvelle habitation :

L'hôtel de la Vaupalière, bâti sur les dessins et conduite de M. Colignon, architecte, s’annonce par une espèce d’avenue et a ses ées.

“ne < ë vues et ses jardins sur les Champs-Ély

1. À. de Champeaux, Gagette des Beaux-Arls, 1894, t. I, p. 336. 2. Ibid.

Colignon (Louis-Marie) était non seulement l'architecte de l'hôtel, mais le propriétaire, ce qui expliquerait, si c'était nécessaire, le soin apporté dans la construction.

Le premier locataire fut le marquis de La Vaupalière dont le nom resta à l'hôtel.

Colignon laissa en mourant l'hôtel et ses dépendances à trois neveux et une nièce, des Fossart-Rizeville, qui en prirent possession le 2 nivôse an II (inventaire du 12 ventôse). Pour ne pas maintenir en indivis la propriété qui portait alors le n° 101, ils la vendirent 130.000 francs au comte Pierre-Louis Rœderer. L’un des fils de celui-ci étant mort prématurément, l'héritage du comte, décédé le 18 décembre 1835, fut partagé entre son autre fils, Antoine, et ses petits-fils, petites-filles ou arrière-petits-enfants.

Pour liquider cette succession, la propriété fut mise en adjudication le 21 janvier 1837 et vendue, en l'audience des criées du tribunal civil de la Seine, aux époux Lehon qui reçurent quittance définitive des 371.000 francs d'achat, le 26 janvier 1838.

La comtesse Molé fit l'acquisition de l'hôtel et du mobilier par autorisation du comte, son mari, de Françoise-Zoé-Mathilde Masselman, épouse de Charles-Aimé-Joseph, comte Lehon, ancien ambassadeur du roi des Belges, avec lequel elle demeu-

rait à Tournai, agissant au nom etcomme mandataire de son époux, pour la somme de 695.400 francs.

C'est Lehon qui fit offrir la couronne de Belgique au duc de Nemours et négocia le mariage de la princesse Louise d'Orléans avec le roi Léopold.

Le contrat d’achat précité fut signé le 1°* mars 1843.

Le comte Molé eut une brillante carrière et s'il fût resté plus longtemps dans l'hôtel, celui-ci eût pris le nom de cet administrateur habile, de ce politicien consommé. Distingué par Napoléon, il devint successivement auditeur au Conseil d'État, maître des requêtes en 1806, conseiller d'État, directeur des Ponts et Chaussées, ministre de la Justice et enfin, à l’âge de trente-quatre ans, en 1814, président du Conseil de Régence. En 1817, il était ministre de la Marine; le 15 avril 1837, président du Conseil des Ministres et, pour couronner une vie si bien remplie, il fut plus tard membre de l’Académie française.

L'hôtel qu'il habita passa, lors de la mort de la comtesse, sa femme, le 10 juin 1845, à sa petite-fille, la duchesse d'Ayen,

demeurant rue de Lille, n° 66, laquelle le revendit avec les meubles 250.000 francs, le 10 mai 1856, à Lyne Stéphens qui, étant décédé à Rochampton (Angleterre), le laissa en héritage à sa veuve, par testament du 8 mai 1857.

Le baron et la baronne Gérard l’acquirent par acte du 26 juin 1875 et l'habitèrent avec leur fille et leur gendre, le comte et la comtesse Foy, jusqu’à leur mort.

En 1903, il passa par héritage à leur fils, M. le baron Gérard (Maurice), député du Calvados comme son père, La baronne Gérard, née de Dampierre, et lui l’occupent actuellement.

Une description des lieux, du 17 décembre 1906, débute

ainsi :

En entrant dans la propriété, 85, rue du Faubourg-Saint-Honoré, appartenant à M. le baron Gérard, on trouve une allée de 37 mètres

de longueur environ, à son extrémité, un retour perpendiculaire à gauche longeant la cour d'honneur sur 9 mètres et un pavillon sur 11 mètres. L'allée, la cour et le pavillon enveloppent la propriété de M. le baron Gourgaud portant le n° 83.

Les façades de l'hôtel et ses intérieurs sont d’une belle venue. L'architecture de la partie donnant sur le jardin, notamment (pl. 4), est couronnée d’un attique qui lallégie; le cachet particulier de l’œuvre est constitué par les refends du rez-de-chaussée, les guirlandes et les reliefs des dessus d'ouvertures. La ligne du corps central est parfaite en ce qui a trait surtout au support du balcon et au cintre des baies du premier étage (pl. 5).

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a façade opposée (pl. 3) est desservie non plus par un perron unique, mais par deux escaliers aboutissant à des terrasses closes d’un style identique à celui de l’hôtel.

l sans dire que l’histoire de l’hôtel fait supposer une ornementation intérieure répondant à l'architecture extérieure.

La planche 6 estla photographie du vestibule et de l’esca- Sans tenir

lier dont la rampe est le décor le plus remarquable. compte du prolongement du palier en tribune, addition nécessitée par les besoins domestiques, et qui alourdit l'œuvre, on Ilents motifs.

trouve dans l’ordre sculptural d’ex

alons sont plus inté

grands ants, ils renferment une ï e de décoration très particulière, notamment l’ébrasement qu'on voit dans la baie de gauche sur la planche 7 et le

hess

andeau à modillons qui sépare le haut des portes des tym-

pans. Dans ces tympans, les figures des Sciences et des Arts, de l’Étude et de l'Histoire sont agréablement modelées. La cheminée où sont représentés l’'Été et l'Hiver complète heureu-

sement l’ensemble de la pièce.

La Bibliothèque ou Cabinet de travail a également sa valeur, es visiteurs en gardent le meilleur souvenir : meubles et tableaux de prix y sont disposés avec goût.

Au premier étage, la présentation est faite plus en hauteur : >s moulures partent du socle, contournent sans arrêt eux (pl. 9). Les

con originale

de gross es portes et glaces que le lecteur a sous les

compartiments de la corniche sont divisés de qui rappelle dans le sens vertical les bandeaux des entrebaies.

L'aspect offert par la planche 10 permettra d'apprécier les détails de la menuiserie d’une époque où la production en série alors inconnue laissait son cachet à chaque pièce importante des habitations.

L'hôtel, dont les gravures satisferont les artistes et les amateurs de belles œuvres, a été ouvert très gracieusement à nos isites par M. le baron Gérard qui a, de plus, secondé large-

ment nos recherches. C’est à ce double titre que nous avons

ici le devoir de le remercier.

PALAIS NATIONAL DE L'ÉLYSÉE ANCIEN HOTEL D'ÉVREUX (1720-1745) DE BEAUJON (1773-1766) SE-BOURBON (1787-1790 et 1814-1830) LYSÉE-NAPOLÉON (1805-1814)

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