‹ Le Faubourg Saint-HonoréChapitre 3 sur 20 · DS É · texte numérisé non relu

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Rue du Faubourg-Saint-Honoré, n° 55-57

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L'Élysée est une demeure simple et charmante dont le nom

rappelle, en plein Paris, le séjour mythologique; mais il se rets qui excitent, surtout à cause de

cache sous des dehors dis l'hôte qui l'occupe, la curiosité des p effet, M. le Président de la République fr

Des agrandissements inéluctables, pour donner à une vieille demeure une telle destination, ont modifié l'aspect primitif décrit en 1754 par J.-F. Blondel :

là réside, en

se.

La façade sur le jardin (pl. 2) est composée d’un avant-corps, de deux arrière-corps, de deux pavillons, de deux arrière-pavillons et de

deux ailes faisant au total quarante toises un pied de longueur, et qui donnent sur de beaux jardins et ayant pour spectai Champs-Elysées C'est pour cette considération que nous aurions

désiré plus de sévérité dans la répartition des membres d'architecture

e le coup d’œil des

de cette façade, de plus grandes masses et des beautés de détail plus conformes à l'étendue de cet édifice et à l’espace qui l’environne. En général, on peut observer que les profils de ce bâtiment sont as

ez peu analogues à l’expression des ordres, et qu’ils sont fort incorrects et sans fermeté (Archuecture françoise, t. I, liv. V, p. 158).

LE FAUBOURG Le même auteur ajoute:

Le plan est peut-être un des mieux disposés et des plus réguliers. Quoique à l'entrée de la capitale, il a tous les avantages d’une des plus belles maisons de plaisance des environs de Paris.

L'architecte de cet hôtel, Armand-Claude Mollet, contrôleur spéculait sur les terrains du

des bâtiments du roi — et qui faubourg Saint-Honoré —, édifia ce « château » en 1718 (Registre des insinuations, Archives de la Seine), pour Henri- Louis de La Tour d'Auvergne, comte d'Évreux. Le logis inaugurté par le Régent, le 14 décembre 1720, était augmenté par don royal d’un terrain en demi-lune pris sur la plantation en arbres du pré des « Champs-Elizées » ; cest aujourd’hui la saillie considérable qui détourne le parcours de l’avenu Gabriel :.

Le prince de Turenne, héritier, en 1745, du comte d'Évreux, vendit l'hôtel inachevé 730.000 livres à la marquise de Pompadour qui le désirait ardemment; aussi s’empressa-t-elle d'employer son goût et sa fortune à l’embellissement de cette acquisition. Elle ordonna de remanier tout le premier étage, le remeubla entièrement et le fit tendre de tapisseries; les rideaux de vitrage valaient seuls 6.000 francs, si bien qu'en une même

année elle y dépensa, nous apprend le duc de Luynes dans Mémoires, 95.169 livres, 6 sols. L’escalier qui s'élevait dans l'angle gauche de l'immeuble fut porté où est maintenant la grande salle à manger. Les salons meublés des merveilles d l'époque exécutées par les meilleursartistes, sur les dessins d Lassurance, se remplissaient journellement d’une foule brillante et spirituelle qui assistait, nous dit le Livre-Journal de Duvaux, aux répétitions de la comédie qui devait se jouer à Versailles.

Quant aux jardins qui complétaient couvraient onze hectares de terrain *, complétés par les embellissements d’alentours ordonnés par le marquis de Marigny, frère de Me de Pompadour.

A la mort de la favorite, le tr avril 1764, son hôtel qu'elle avait pensé offrir en cadeau de mariage à son frère ;, revenait, en exécution de son testament de 1757, au roi, comme « susceptible de faire le palais de l’un de ses petits-fils » ; de Marigny proposa de mettre la propriété à la disposition du

a beauté du site, ils

ret Fontaine, Résidences des souverains.

Masson, Judis, t. Il, p. 38 Journal de la Révence de Louis XV, t. NI, p. 69. Ed.1857.

comte de Provence 18 septembre 1765 *.

L'immeuble fut préparé pour loger les ambassadeurs extraordinaires ; les occasions manquant pour l'occuper dans ces conditions, il servit de Garde-meuble de la Couronne (voir : Le ministère de la Marine, édition des Wieux Hülels de Paris). L'abbé Terray aurait alors, dit-on, logé dans l'hôtel.

En 1773, « le gouvernement ayant besoin d'argent, céda l'hôtel au fameux banquier Beaujon qui l’accepta sans difficulté en échange de ses grosses créances * » ; elles s’élevaient à un million.

Le roi l’accepta par acte privé du

Né, en 1718, de parents pauvres, Beaujon avait acquis dix millions de fortune dont il employa une partie à l'installation de sa nouvelle demeure.

M. de Beaujon, le destinant à son habitation, y fit faire des changements considérables et des additions agréables.

La distribution des appartements, leur décoration dans le genre moderne, la richesse et l'élégance des ameublements, la nouvelle disposition des jardins, tout décèle le talent de M. Boulée, architecte du ro1.

Thiéry qui donne ces renseignements, y ajoute une description presque fabuleuse des lieux.

Beaujon vendit sa propriété à Louis XVI, le 12 août 1786, au prix de 1.300.000 livres (1.100.000 livres nous apprend Albert Babeau dans Paris en 1789); il en conservait l’usufruit. mourut le 26 décembre de la même année.

Vide, la demeure fut une nouvelle fois destinée aux ambassadeurs extraordinaires, aux princes et princesses, ce qui permit au roi de l'attribuer à la duchesse de Condé (Bathilde d'Orléans); celle-ci transforma tout le jardin et nomma l'hôtel : Élysée-Bourbon.

Sous le coup des événements, on la retrouve quasi-jacobine, ayant près d'elle une prophétesse, Suzette Labrousse, à laquelle succéda Catherine Théot dite « la Mère de Dieu ». La cousine de Louis XVI aurait fait présent de l'Élysée à la Convention bien qu’elle certifia plus tard à Louis XVIII n’avoir engagé que ses revenus, mais le Comité de Salut public rejeta la proposition.

Avant d’émigrer, la duchesse avait loué, en 1790, l'Élysée à

1. Georges Bonnefons, Le Palais de la Présidence, 1849. . Paris et les Parisiens au XIXe siècle.

3. Marc Varenne, L'Illustration, no 3667, du 7 juin 1913, p. 354.

Plan et Elevation Geometralle d'un Batiment de 15 Toises de face occupe par Madame le Marguuse de\ Pompadour; siuez au bout de Pont tournant des Tuileries

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