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LES VIEUX HOTELS DE PARIS

épisode de la campagne de 1798, en Italie, époque à laquelle Murat commandait le corps d'occupation ; personnages par Carle Vernet, paysage de Xavier Bidault. Toile exécutée spécialement pour ce salon’. La seconde, visible sur la planche 14, représente

La grande-duchesse de Berg et ses enfants en calèche à la d’Aumont, rentrant de promenade au château de Benrath, près Dusseldorf ;

paysage peint par Dunouy et personnages de C. Vernet.

Le Salon des Aides de camp, autrefois la Seconde Antichambre, est une merveilleuse œuvre d'art fini et léger (pl. 15). De grands panneaux à moulures et faisceaux de baguet enrubannées au bas desquels se détachent de gracieuses têtes de femmes fixent l'attention du connaisseur (pl. 16). I dessus des portes sont des peintures modernes de Landelle.

Le Grand Salon? qui lui fait suite, représenté par la planche 18, offre un ensemble remarquable. De grands trohées de chasse et de guerre (pl. 21) rappellent ceux de ‘hôtel de Bonac, rue de Grenelle-Saint-Germain, attribués à Pineau. Sur le fond de la pièce, ouvert de trois grandes baies, des boiseries reproduisent en réduction les motifs des grands anneaux. Les couronnements des portes et les encadrements des glaces sont postérieurs à l'exécution des lambris, mais une cheminée de marbre blanc aux angles de laquelle sont

lacées des consoles à têtes de femmes finement ciselées est un beau spécimen du style de la Régence.

C'est dans ce grand salon qu'a lieu, lors des changements de titulaires, la transmission des pouvoirs des Présidents de a République.

Dans le salon de l’'Hémicycle (pl. 23), ancienne Chambre de parade, l'alcôve est tendue d’une tapisserie représentant les Trois Grâces ; leur vêture date du siècle où cette œuvre de Coypel pouvait subir le vandalisme d’une amante royale qui faisait « des tableaux couvrir les nudités 5 ». Les additions sautent aux yeux pour le costume de Junon.

s entrelacs, arabesques et cornes d’abondance des quatre panneaux principaux sont d'une remarquable richesse. Les peintures des couronnements de portes sont modernes (Chaplin, 1864).

Le Grand Cabinet, situé à l'extrémité de l'aile droite, est devenu la Salle du Conseil des Ministres (pl. 25). Dénommé par Thiéry « Salon des Muses » à cause des médaillons des neuf Sœurs * peints en rehaussé d’or, il servait de salon de musique.

Les pannéaux dorés

du lambris sont délicatement sculpté d’arabesques à coquilles et à feuillages. Deux portes surmontées de bas-reliefs allégoriques abrités sous de petits baldaquins et trois glaces couronnées d’un mascaron de femme et de trophées complètent le superbe décor de cette pièce. Un Cabinet avec « lit niché » attenant au Salon des Muses et transformé sans doute par M. de Beaujon, porte le nom de Salon de Cléopâtre. L'une des trois portes à deux vantaux, qui sont la partie vraiment remarquable de ce salon, est reproduite planche 28.

’lanche 29 est publié, à titre documentaire, le Cabinet d ail de M. le Président de la République.

tr:

À la suite est représenté le salon dit d'Argent dont les délicates peintures s’harmonisent avec le ton argenté des boiseries, des meubles et des bronzes signés de Ravrio.

1. Paul Marmottan, Murat à l'Elysée (Bulletin de la Société historique des VIII et XVIIe arr. de Paris, 1919) ives Nationales, dossier F

is de l'Elysée sous la di tion de boiseries rap S je font état du « rétablissement des à luent à 1.425 fr. 20 la dépose, réfection, chev eurs du Grand Salon (Devis du 6 mars 1860).

Gerspach, Le Manufacture des Gobelins, p. 125. Ed. 1892 : « On tailla dans erie, on fabriqua des draperies sur le métier et on intercala dans le tissu » par rentraiture.

1. Remplacées lors d'une réfection du Palais, en 1849, par les portraits des souverains régnants.

1865 au Pa est pas qu de menu

. » du salon age des lam-

bris supél

Si l'on s’en rapporte aux documents conservés aux Archives Nationales et relatifs à l'annexion des hôtels Castellane et Sébastiani, rien ne serait demeuré debout de ces immeubles, le salon en question aurait donc été formé de boiseries rapportées ainsi que la cheminée ; les murs auraient pu, à la rigueur, être marouflés de peintures déposé le procédé d’entoilage.

La situation de cette pièce sur le jardin (voir le plan) la ferait préférer comme boudoir.

et remises par

HOTEL DIT DE FERSEN Rue de Matignon, n° 17

L'hôtel de Fersen est mitoyen de l'hôtel de La Vaupaliere ; pourquoi cet hôtel a-t-il gardé le nom du suédois Axel de ‘ersen ? Parce que la légende est parfois plus tenace que histoire ; des écrivains ont prétendu que Fersen n'aurait pas habité l'hôtel qui porte son nom, c'est possible puisque, d'autre part, il n’est pas prouvé qu'il en ait été locataire. Peu importe ici cette question d'occupation, nous nous en tenons aux documents authentiques

Un plan dressé au xvine siècle par Milet, entrepreneur de âtiments, demeurant à Paris, rue du Faubourg-Saint-Honoré, * du 25 juin 1782, nous signalent l'hôtel comme « une grande maison dans une rue pas nommée ». Milet, le constructeur précité, et sa femme en étaient pro-

et l'acte notarié

riétair

Le 2$ juin 1782, quatre ans après sa construction qui remonte au 21 octobre 1778, le marquis de Breteuil et sa femme achetaient l'hôtel 70.000 livres. Le marquis resté seul propriétaire par renonciation de conjointe, du 25 octobre 1782, décéda, le 4 novembre 1783, laissantson bien à trois enfants, mais l’un des garçons étant venu à mourir à l’âge de dix-huit mois, le 11 octobre 1784, son frère, Le Tonnelier de Breteuil, et sa sœur, la duchesse de Praslin, eurent seuls à se partager ‘héritage.

La duchesse de Praslin et le duc son mari agissant comme fondés de pouvoirs de leur frère et beau-frère vendirent l'hôtel 67.400 francs au comte Rampon, le 4 ventôse an XII. Ils le ui rachetèrent 80.000, le 18 octobre 1809, le vendeur étant alors général de division.

La marquise de Rosanbo devint propriétaire de l’immeub au moyen de l'acquisition qu'elle en fit, le 16 janvier 182 du duc et de la duchesse de Praslin, moyennant 125.000 fr. en principal. Lors de son décès à Paris, le $ mai 1826, des quatre enfants que laissait la marquisece fut à la comtesse de Bernis qu’échut la propriété par tirage au sort. Celle-ci la vendit au marquis de Mortemart, le 19 février 1836.

Mne la marquise de Laguiche a bien voulu nous autoriser à prendre connaissance des papiers concernant le bel hôtel dont elle a hérité avec Me la comtesse Louis de Mérode, 28 avril 1893, du duc de Mortemart. Nous relevons dans | ription des lieux

actes obligeamment communiqués la d l'origine :

Entrée sur rue nouvelle, cour, à droite de laquelle, en entrant, est un bâtiment composé, pour le bas, d’écuries et remises, d’un premier étage et d’un second en mansardes ; à gauche, bâtiment principal donnant sur ladite cour et devancé d’une terrasse ensuite de laquelle est un jardin suivi d’un terrain inculte mais clos qui se termine s. Contenance : 296 toises.

par une grille sur les Champs-Élys

1. En l'étude de Me P communiquer les origir état de conservation

isson, 19, boulevard Malesherbes, qui à bien voulu nous e propriété. Le plan n’a pu être reproduit par suite de son

Les renseignements relatifs au terrain remontent, dans les actes, au 26 mars 1666.

Quand Milet vendit sa construction à Louis XVI, elle était habitée par le marquis de Poyanne qui n'avait point de l’autre côté de la rue des voisins pour l'épier dans son petit jardin en figure de cône » ; si ces voisins — ou voisines — eussent pu surveiller l'hôtel, ils auraient affirmé, lors du procès sur a fuite de Louis XVI, si Fersen, sorte de comte aventurier,

peut-être à court d'argent’, habitait réellement là ou bien s’ ne loua l'hôtel que pour y comploter, dans un endroit retir ‘enlèvement consenti de la famille royale.

De concert avec'les personnes mises dans la confidence, « Fersen avait tout combiné et devait lui-même présider à la conduite des fugitifs.…... » Le soir du 20 juin 1791, « près du Pont-royal, Fersen, accoudé sur le parapet et regardant la rivière, attendait...» Après avoir rejoint les enfants de France, & il prit sans mot dire la main du dauphin » et le conduisit à « la voiture, antique diligence* ressemblant à un fiacre,

que Fersen. n'avait pu conduire plus près du château. ; le dauphin prit place, Fersen, monté sur le siège, mit ses chevaux en marche ». Quand le roi et la reine arrivérent, « Fersen ouvrit la portière et monta sur le siège ». Le long du chemin, il se tracassa sans cesse : rue de Clichy, barrière Saint-Martin ; de Bondy, il partit seul pour Montmédy donnant à la reine le nom de la maîtresse de Crawfurd :

en

« Adieu, madame Korff : ».

Le monarque fut arrêté à Varennes et ramené à Paris. La tentative était manquée.

Fersen, ancien colonel du Royal-suédois « qui avait voué un culte passionné » * à Marie-Antoinette, devint dans son pays maréchal de la cour. Aux obsèques, le 28 mai 1810, de Chris. tian-Auguste d'Augustenbourg, « alors qu'il suivait dans un majestueux carrosse le convoi funébre..., la foule, tout à coup furieuse à sa vue, se précipita sur lui, l'arracha de sa voiture,

e traîna de groupes en groupes, hurlant et frappant, cependant que la troupe en armes pour rendre honneur au mort, itde sauver. celui qu’elle aussi croyait l'assassin. Devant rsen ait réfugié, ébranlant la porte, elle sait à ressaisir sa proie, à lui arracher ses vêtements en

refus a maison où

réuss lambeau l’achevant enfin à coups de botte, lui écrasant qui la figure, qui la poitrine, tirant ce grand corps nu au milieu de la place 5 ».

Revenons à l'hôtel ; lui aussi doit finir par être abattu, mais il emportera les regrets des amis du Vieux-Paris qui rechercheront les reproductions de ses décors dispersés ; citons-les. architecte ne pouvait utiliser plus avantageusement l’étroit

apèze limité par la voie publique et les propriétés mitoyennes ‘en distribuant, ainsi que nous le voyons par la planche 31, habitation et le jardin tout en longueur.

Les grandes lignes de l’ordre ionique exhaussent, semble-t-il, l'édifice ; les fenêtres sont divisées adroitement en hauteur par une rangée de balustres et couronnées d’un entablement. Entre

le premier et le second étage, trois bas-reliefs représentent la Peinture, l'Architecture et la Musique.

Même disposition sur le jardin, mais ici la distribution est

complète, aussi cette façade est-elle la plus riche de l'hôtel

(pl 32).

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