LE DUC DE SAXE
Ah I Est-il endormi ou mort ?
H dort, monseigneur ; mais ses cornes ne sont pas un rêve.
l'empereur.
Cette plaisanterie est excellente ; nous alkms rappeler et l'éveiller. Holà I hé ! Benvolio I
benvolio.
Peste soit de vous I Laissez-moi donc dormir un peul
l'empereur.
Je ne te blâme pas de dormir beaucoup, avec une tête comme la tienne.
le duc de saxe.
Regardez, Benvolio l c'est FempereoF qtû vous appelle.
152 FAUST
BENVOLIO.
L'empereur I où donc? Oh! mille tonnerres, ma télé!
l'empereur.
Non ; si tes cornes tiennent bon, ta tète n'a besoin^ de rien : elle est sufSsâmment armée.
FAUST
Eh bien I comment cela va-t-il, seigneur chevalier? Quoi 1 pendu à des cornes ! C'est trop affreux ! Fi l fi l retirez votre tête, par pudeur ; que le monde entier ne se moque pas de vous !
BENVOLIO.
Mille tonnerres! Docteur, cette farce est-elle de vous?
FAUST
Oh ! pouvez-vous parler ainsi l 'Le docteur n'a aucun talent, aucune science, aucun art! Lui, faire Toirà ces seigneurs ou amener devant l'empereur le belliqueux Alexandre î Si Faust fait cela, Benvolio consent immédiatement à devenir cerf sous la forme de l'audacieux ActéonI [a TEmpereur.) Maintenant, monsei-
FAUST. 453
gneur, s'il plaît à Votre Majesté, je vais évoquer une meute de chiens qui vont le chasser si bien que tbut le jeu de ses jambes pourra à peine sauver sa carcasse de leurs crocs sanglants. Holà I Belimote ! Argiron I Astaroth I
BENVOLIO.
Arrêtez I arrêtez I mille tonnerres I II va dans un instant évoquer une meute de diables, je pense. Mon bon seigneur, intercédez pour mot. Par le sang du Christ ! je ne serai jamais capable d'endurer tous ces supplices.
l'empereur.
Allons ! mon bon docteur, je vous prie de lui ôter ses cornes. Il a fait suffisamment pénitence à présent.
FAUST
Mon gracieux seigneur, c'est moins pour l'injure à moi faite que pour égayer un. peu Votre Majesté, que Faust vient de donner à cet insolent chevalier sa juste récompense. Ayant satisfait tout mon désir, je veux bien lui ôter ses cornes. Mephostophilis, rends-lui sa forme. ~ Et désormais, monsieur, ayez soin de bien parler des savants.