UN BOIS
Entrent par diverses portes Benvolio, Frédéric et Martine, le visage ensanglanté» barbotillés da boue «t d'ofdure; tous ayant des cornes sur la tête.
IIARTlNa. «
Holà I Benvolio I
&ENV0LI0.
Par ici. Frédéric, holà !
FAUST. 463
FRÉDÉRIC
Au secours, doux ami. Où donc est Martino ?
MARTINO
Ici, cher Frédéric. A moitié asphyxié dans un étang de boue et de fange, à travers lequel les furies m'ont traîné par les talons.
FRÉDÉRIC
Regarde, Martino, Benvolio a encore ses cornes !
MARTINO
O DÛsère ! Comment es-tu, Benvolio?
BENVOLIO.
Ciel, défendez-moi 1 Serai-je donc hanté toujours ?
MARTINO*
Non, n'aie pas peur, Tami 1 Nous ne sommes pas en état de tuer.
BENVOLIO.
Mes amis ainsi métamorphosés 1 infernal outrage I Vos têtes ont toutes des cornes.
464 FAUST
FREDERIC
Vous avez dit le mot ; mais c'est de votre tête que vous parlez : tâtez votre tête.
BENVOLIO.
Tonnerre ! encore des cornes ?
MARTINO
Allons, ne t'échauffe pas, mon brave, nous sommes tous perdus.
BENVOLIO.
Quel diable ce damné magicien a-t-il donc à son service, pour que, en dépit de nos dépits, nos maux soient ainsi doublés ?
FRÉDÉRIC
Que pouvons-nous faire pour cacher notre honte ?
BENVOLIO.
Si nous suivions Tenchanteur pour travailler à notre vengeance, il joindrait de longues oreilles d'âne à ces énormes cornes, et il ferait de nous la risée de Tunivers. "^
FAUST
MARTINO
Alors, que ferons-nous, cher Benvolio?
BENVOLIO.
J*ai un château qui touche à ce bois. Nous nous y
rendrons, et nous y vivrons dans Tobscurité jusqu'à
ce que le temps modifie nos formes bestiales. Puisque cette sombre disgrâce a ainsi éclipsé notre renommée, mieux vaut pour nous mourir de douleur que de vivre de honte (*®].
WITTEMBÉRG