LA COUR D'ANHALT
Entrent le duc d'Ânhalt, la duchesse, Faust, Mepbostophilis. Gens
de îa suite.
LÉ DUC
Merci,, maître docteur, de ce charmant spectacle. Je
FAUST. 175
ne sais, consient récoonpeBset te grand talefut dont vous avez fait preuve en érigeant dans les airs ce cher teau enchanté. La vue m'en a tellement ravi que rien au monde ne pourrait me plaire davantage.
FAUST
Je me regarde comme hautement récompensé, mon bon seigneur, si Votre Grâce daigne penser quelque bien de ce que Faust vient de faire, (a la duchesse.) Quant à vous, gracieuse dame, il se peut que vous n'ayez pris aucun plaisir k ce spectacle. Veuillez donc me dire, je vous prie, quelle est la chose que vous désirez le plifâ. Pourvu qu'elle soit dans Vunivers^ eHe est à vous. J'ai aoteadii dire <}«ie les femmes grosses oat envie de dmmês rares et délicates.
LA nUGHESSË.
C'est vrai, Dftaître docteur. Et puisque je vous trouve si obligeant, je vais vous faire savoir ce qui plairait à mon goût. Si au lieu d'être en janvier,, à. cette époque morte de l'hiver, nous étions maintenant en été, je n'aimerais rien de mieux qu'un pkt de raisin mûr.
FAUST
C'est bien peu de chose. Va^ Mephostophilis ;, pars L
Sort Mephostophilis.
Madame, je voudrais faire davantage pour vous contenter.
Mephostophilis rentre avec le plat de raisin.
Voici. Veuillez choisir. Il doit être bon, car il vient d'une contrée lointaine, je puis vous le dire.
LE duc:
Ceci m'étonne plus encore que tout.le reste. A cette époque de Tannée, quand tous les arbres sont dépouillés de leurs fruits , d'où avez-vous eu ces grappes mûres ?
FAUST
Que Votre Grâce daigne m'entendre ! L'année se partage en deux zones sur toute la surface du monde, de telle façon que, quand c'est l'hiver chez nous, c'est l'été dans la zone opposée. Dans l'Inde, à Saba, et dans toutes les contrées qui s'étendent au loin à l'orient, on a des fruits deux fois par an. C'est de là que, par l'entremise d'un agile esprit que je possède, j'ai fait apporter ces grappes que vous voyez.