‹ Le Faust de GoetheChapitre 142 sur 166 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

La Reine, je le devine A sa splendeur.

(Dans le ravissement.)

Souveraine Immaculée

De l'univers, Sous la coupole étoilce

Des cieux ouverts, Laisse-moi, dans la lumière

Du ciel en feu, Lire ton divin mystère,

Mère de Dieu !

Consacre la tendresse austère Qui met tous les cœurs en émoi, , Et, dans l'extase et la prière.

Les entraîne au-devant de toi. Notre coiirage est indomptable Quand tu règnes dans notre sein.

A ta voix, déesse inefi'able !

Notre courroux s'endort soudain Comme la vague sur le sable.

Vierge dans le sens le plus beau !

Pure et sainte, Mère adorable !

Souveraine au royal bandeau Cboisie entre les Bienheureuses, Qui, dans les sphères lumineuses.

Avec Dieu marches de niveau' !

Autour d'elles flottantes.

Tremblotent des vapeurs :

Ce sont les légers chœurs Des blondes pénitentes Qui, buvant l'air si doux

De l'espace,

A ses genoux

Demandent grâce.

Reine de pureté !

Vierge impeccable et sainte.

Tu peux laisser sans crainte

Venir à ton côté

Ces douces pécheresses

Aux faciles faiblesses.

Qui se hâtent vers toi

Avec amour et foi !

Succombant à leur convoitise.

Leur instinct n'a pas résisté. ^

Voir, comme pendant à cet hymne du docteur catholique, l'admirable canzone de Pétrarque :

Vergine saggia, e de! bel numéro una Delle béate Vergini prudenli; Anzi la prima, e con più chiara lampa : 0 saldo scudo deir afilile genli.

C.onlra colpi di morte e di forluna, Sotlo 'I quai si trlortfa, non pur scampa: 0 refrigerio al cieco ardor, ch' avvampa Qui fra mortali soiocchi, etc.

Nul de ses propres mains ne brise

Les liens de la volupté.

Le pied, hélas! tourne sans peine

Sur le sol glissant et lustré ;

Un regard flatteur nous enchaîne !

Le cœur est bientôt enivré

Au l'eu d'une brûlante haleine !

MATER GLORIOSA ])lane dans l'atmosphère.

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