‹ Le Faust de GoetheChapitre 150 sur 166 · PARALIPOMÈNES · texte numérisé non relu

PARALIPOMÈNES

Cette troisième partie sert, dans la pensée tie Goethe, de complément aux deux autres : c'est là moins un livre qu'un appendice. Ces fragments, composés pour la plupart à bâtons rompus, se rattachent chacun à quelque scène importante du grand œuvre, qu'ils développent etcommentcnt. En ce sens, les lecteurs sérieux nous sauront gré d'avoir découvert ces Paralipomèncft , dernier mot de Goethe sur Faust , et dont on avait jusqu'à présent ignoré même Texistonce. Cet esprit de suite et d'ordre, cette persévérance inmiuable dans l'idée, qui sont les eminentes qualités du génie de Goethe, ont atteint, comme on lésait, leur dernier terme dans la confeclion du poëme de Faust ;cesi bien là l'œuvre de Goethe, l'élaboration de toute sa vie. Lorsqu'il s'agit de Faust, Goethe ne se contente plus de faire, il veut parfaire, comme on disait au temps de Charles IX : de là cesfragments ajoutés, ces idées explétives, ces notes au crayon en marge d'une scène. On remarquera les développements donnés au caractère de Méphistophélès, le personnage auquel Goethe revient toujours avec le plus de complaisance, et cette phrase où le diable finit par rougir de lui-môme et se désavouer en tant qu'Esprit du mal. Nous appellerons aussi l'attention du lecteur sur la scène de la conférence, ébauche où la vie universitaire en Allemagne est touchée à si grands traits , sur l'exécution fantastique de Marguerite au Brocken. Le

5()i FAUST.

tilre de Paralipomènes que Goethe donne ;i celte partie \icnt de la ßiblc. C'est un fait, du reste, assez curieux, que cette préoccupation de l'Ancien et du Nouveau Testament qui règne dans le Faust, dans le second livre surtout. Les réminiscences abondent à tout instant, les allusions renaissent d'elles-mêmes. L'intention de Goethe se laisse deviner. La forme éternelle des livres saints consacre ici l'esprit des temps nouveaux. Nous appelions, dans notre Essai, le Poëme de Faust l'Évangile du panthéisme; c'est la Bible que nous aurions dû dire.

LE CABllNET D'ÉTUDE DE FAUST.

Méphistophélès. Pourvu que tu sois doué à l'extérieur, tout s'empressera vers toi; un garyon qui n'a pas son grain de vanité peut aller se pendre sur l'heure.

Méphistophélès. Voyez, d'après moi, comment on se présente chez les gens : suis-je galamment troussé, aussitôt tous les cœurs de venir à ma rencontre; je ris, chacun rit avec moi. Suivez mon exemple, ne vous en fiez qu'à vous-même, et croyez qu'il y a quelque chose à tenter ici; car les femmes, au besoin, pardonnent qu'on leur manque de respect, pourvu qu'on y mette des formes. Foin des baguettes enchantées et des mandragores ! la meilleure magie est dans la bonne humeur; si je suis d'accord avec tous, je ne vois pas ce qu'on peut prendre en mal. A l'œuvre donc , et n'hésitons pas; les préparatifs me répugnent.

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