‹ Le Faust de GoetheChapitre 149 sur 166 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

mystérieux, sorti d'une invisible semence. La semence se partage entre les racines et les feuilles radicales enfouies sous terre; là travaille dans sa délicatesse extrême le germe de la tige ascendante. La végétation se fait, d'heure en heure, plus hardie, plus variée, plus riche ; d'abord les rameaux tout verdoyants de feuilles tendres, puis les lleurs d'azur, puis les fruits de pourpre et d'or; et tout en haut, dominant le faîte le plus élevé de l'arbre, la rose mystique, point suprême de l'épanouissement général, la fleur sans étamine, au-dessus de laquelle, — semblable à ces lueurs que la fille de Linnée voyait jaillir du lis de feu, — rayonne une étoile incandescente, symbole de l'idée éternelle, de l'idée incessamment levée au-dessus des agitations de la vie. — De même l'amour, en travail de croissance, en état d'épuration, va de métamorphose en métamorphose, jusqu'à ce qu'enfin, semblable à cet arbre merveilleux, elle unisse à l'apogée de son développement le ciel et la terre par ses rameaux, qui plongent dans le sol et s'y nourrissent, et par l'étoile mystique de cette amour en Dieu, qui relève des mystères les plus profonds de l'âme.

Comme tout cela est admirablement compris dans l'œuvre de Goethe ! Le principe du mal, tout en travaillant à la perte de Faust, lui fournit involontairement un moyen infaillible de salut. Tandis que Méphistophélès s'efforce d'irriter les désirs sensuels, il ne se doute pas que les germes qu'il dépose dans la poitrine de Faust contiennent aussi les éléments d'une rédemption éternelle. Au moment où Faust met le pied dans la chambre de Marguerite, un monde nouveau se révèle à lui; son âme s'épanouit et se dilate à cette atmosphère de candeur et de virginité. Lui, le vagabond, le maudit, lui partout à l'étroit sur la terre, il respire, il s'apaise; pour la première fois, le sentiment d'un bonheur infini le pénètre, et c'est dans cet espace borné que la révélation s'opère :

Salut, doux crépuscule, ô suave lumière, Qui de tes purs rayous dores ce sanctuaire ! Saisis mou cœur enfin, douce peine d'amour, Qui vis en languissant de la tiède rosée De l'espoir. — Comme ici tout respire à l'entour Un sentiment de calme et d'ordre, une pensée De frais contentement ! En cette pauvreté. Que d'abondance, ô Dieu! que de félicité Dans ce cachot ! . . . .

Mais ce sentiment ressemble à ces premiers soleils d'avril lorsque l'atmosphère n'est pas encore faite à l'intensité de la chaleur ; les émanations de la terre se condensent en épais nuages oîi s'élaborent les explosions électriques, et bientôt le givre et la neige ramènent les froides impressions de l'hiver. Ainsi d(! Faust. Sa liaison avec Marguerite ne saurait provoquer chez lui une métamorphose accomplie. Celte créature douce et charmante, pleine de grâce et d'ingéiuiité enfantine, qui, par les trésors de l'âme et les richesses de sa conscience, l'emporte de beaucoup sur Faust, demeure, au point de vue intellectuel, dans une sphère trop inférieure pour pouvoir exercer sur lui une action définitive. De nouveaux horizons viennent de s'ouvrir aux yeux de Faust. Son regard a plongé dans des régions jusque-là étrangères. Mais il en est de ce regard unique comme du coup d'œil furlif que le voyageur égaré sur le haut d'une montagne jette dans la vallée en fleurs, à travers une mer orageuse de nuées qui ne se déchire un moment que pour se refermer aussitôt, plus épaisse et plus sombre. Bientôt l'impulsion fatale,

inexorable, de son être, l'entraîne de nouveau. La douce apparition dont une idée d'amour consacre à jamais l'existence, est saisie par le tourbillon qui l'enveloppe el la brise, du moins quant au temps. Faust s'aperçoit qu'il n'en peut être autrement, et s'écrie au désespoir :

Viens, démon, m'al)régcr le temps de l'angoisse ! que son destin s'écroule sur moi, et que je l'entraîne avec moi dans l'abîme !

Et ces paroles s'accomplissent! En vain il s'efforce deporter secours à sa manière là où désormais il n'y a plus rien à sauver. Le coup tombe. Foudroyé par celle épouvantable catastrophe, une désolation sincère et profonde le pénètre ; el comme dans la vie physique d'importants développements organi(pies résultent souvent d'un étal de maladie el de crise, sa douleur morale l'élend sur le carreau; douleur immense, où viendraient échouer toutes les forces humaines, et dont la cure réclame rinlervention d'une grâce plus haute.

En effet, la grâce divine laisse tomber un de ses rayons sur l'athlète abattu dans l'herbe; elle évoque autour de lui les Esprits des rosées, et, sons les traits d'Ariel, leur donne à son égard de salutaires instructions :

Tempérez les ardeurs de son àme inquiète, Du reproche cruel éloignez Tafireux dard Qui brûle et qui déchire, — et de sa conscience Balayez les terreurs de l'humaine existence!

Maintenant, si l'on nous demandait pourquoi cet homme terrassé se rélève, pourquoi Faust en rappelle si hardiment de la chute à l'action, à la vie, lorsque tant d'autres, en pareil cas, demeurent anéantis sans retour, nous dirions que c'est là tout simplement un mystère dont il faut chercher l'explication dans les paroles de l'apôtre, dans cette ineffable miséricorde de Dieu dont parle saint Paul : « Il prend en pitié qui il lui plaît. » D'ailleurs, si l'on y réfléchit, toute bénédiction, toute force, toute chose vivifiante et lumineuse ne découle-l-elle pas de la grâce dans le monde élhéré où cette discussion nous transporte? Prenez ce qu'il y a de plus pur et de plus sacré, ce que chacun admire et glorifie, le dévelojjpement d'tme conscience immaculée : qu'est-ce autre chose, après tout, sinon la grâce échue eu partage à celte àme de marcher sans trouble à son but éternel et de s'élever à la vérité, libre de toule influence funeste, dans la plénitude de la foi et la santé de l'être intérieur?

Ainsi, peu à peu, cet homme abattu par sa propre faute renaît à la lumière; unevie plus variée, plus riche l'enveloppe, élargissant le. cercle de ses idées et de ses perceptions, jusiju'au moment où l'Empereur en vieulà demander la conjuration d'Hélène. — Ici commence une métamorphose nouvelle. — Faust, étonné, comprend que la puissance du principe fâcheux dont il s'est acquis les services ne peut suffire désormais ; il comprend qu'il s'agit de pénétrer dans les profondeurs inlellecluelles, sans réalité, dans le royaume des types de tout être avant toute existence sensible, dans le royaume des idées de Platon ; et que s'il veut se rendre compte de cette apparition sublime, (jiie dis-je ! l'évotpier, il faut (pi'il s'approprie l'idée du beau, et s'identifie avec elle. — Les choses ont leur cours. — Mais selon le précepte de Platon, qui dit que toute philosophie doit commencer par rélonnemenl, un frisson mystérieux, frisson d'élonnement el de stupeur, saisit Faust, qui, loin d'en méconnaître le sens, s'écrie avec transport:

DEUXIEME PA HT IE. r,;i9

Le. saisissciiiciit est la nieilloiire partie de l'Iiiimnnitc ; si clicr (|ue le luoiule lasse nayer à riKiiniiie le sentiiiieiit, saisi, il sent à I'uiuI rinmiciisité du prodif^e.

Ainsi préparéo , l'apparilioii a lien, l'idée du heaii se; maiiilesle sons la forme classicpie d'Hélène ; car, on le sait, ranti(|iiilé i;T(;c(|iie esl, dans la vie deriininanilé, la période où l'idiîk de beauté s'incorpore ; comme pins lard, au lem[)s du christianisme, l'idée de miséricorde et d'amour, le verbe ; comme il est peulèlre réservé désormais à l'idée de vérité pure de se révéler dans une troisième période et de se développer aux yeux de tous.

Pour la première fois Faust éprouve, non pinsle cliarme, mais la force, la puissance, la domination souveraine de la Beauté ; cette idée grandiose, en entrant dans la vie, agit sur lui connue la foudre ; il se sent, pour la première fois, embrasé d'une passion effervescente qui l'entraîne, non plus vers un objet inférieur ou même égal à lui, mais vers (pielque chose de sublime et de divin. Cet amour d'un objet supérieur, inaccessible, ce sentiment qui ne manque jamais de développer chez l'homme les plus hautes facultés, le saisit de toute sa puissance, et sur-le-champ, une époque nouvelle s'ouvre. — Foudroyé d'abord par sa tentative sacrilège de faire descendre l'idéal, le sublime, dans le cercle de la vie commune, il revientà la charge, il met le pied sur le sol antique, et comprend, dans le paroxysme de la passion, que ce n'est qu'au sein d'une existence poétique qu'il est donné cà l'homme d'évoquer la pure apparition de l'idée de beauté et de se confondre en elle. — De là le mystérieux hyménée. De cette union avec la Beauté, union qui ne laisse pas d'avoir trait à la productivité intellectuelle, sort un génie poétique, un être tout amour et tout feu, que l'impatience, l'emportement de sa nature, son ardeur effrénée, héritage du père, vont consumer au début de sa course. A peine l'esprit de Faust a-t-il trouvé le calme dans la possession entière de la Beauté, que d'autres métamorphoses l'attendent, et nous entendons Hélène s'écrier avant de disparaître :

Une antique parole se justifie, liélas ! par mou exemple. I^e IJonlieur et la lîeauté ne restent pas longtemps unis ensemble; le lien de la vie comme de l'amour est brisé ; je les déplore, et leur dis un douloureux adieu.

De la magnili(pie apparili(ui Faust ne retient (jne le voile, nuage éthéré (|ui porte à la contemplation de la nature, plus calme, plus dispos, Iransliguré, l'homme dont le développement vient de s'épanouir sous l'influence de l'être féminin. En effet, appliciuonsnous à nous rendre compte de sa direction nouvelle, et nous verrons que ses rapports avec Hélène ont eu pour résultat immédiat le réveil dans l'àme de Faust de cette aspiration vers une activité pratique, militante, ininterrompue, jalouse de s'exercer dans les choses de la vie humaine ; ne l'entendons-nous ]»as, lui, l'homme de la pensée et de la contemplation intérieure, lui à qui toute activité tournée en dehors répugnait si profondément, ne rentendons-nons pas s'écrier désormais :

Le cercle de ce monde oflVe encore de rcs|)ace pour les grandes actions. Quelque cliose de sublime doit s'accomplir ; je me sens eu force pour mie audacieuse tentative: je veux me conquérir le pouvoir, la propriété : l'action est tout; la gloire, rien!

Cependant, à tout prendre, cette activité n'est encore que soif de mouvement, fièvre chaude, expansion égoïste qui n'a d'autre but que lui-même ; le trouble originel règne encore dans son âme justju'au moment où, — semblable à ces

ÔOO FAUST.

rayons de feu qui percent aux heures de l'occidenl le ciel tout noir el obscurci de nuages, — cclale en sa conscience épouvantée à l'approche du soleil, le pressentiment de l'autre idée du royaume divin, le pressentiment de l'idée du bien. L'amour, qui d'abord s'est enflammée chez lui pour le bkau, s'enflamme cette fois pour le bien. Un désir énergique de porter secours à l'humanité, de fonder le salut et le bonheur de toute une peuplade, anime et passionne son être ; la volupté de l'amour sociale, de l'amour véritable, embrase sa poitrine, et, dans un enthousiasme précurseur de l'extase éternelle, il se répand en ces magnifiques paroles :

Là serait la plus baute conquête! J'ouvre des espaces à des millions d'hommes pour qu'ils y viennent habiter, non dans la sécurité, sans doute, mais dans la libre activité de l'existence. Des campagnes vertes, fécondes, l'homme et les troupeaux à l'aise sur le nouveau sol, s'installent le long de la colline où se rue une population hardie, industrieuse

Oui, je me sens voué tout entier à cette idée, fin dernière de toute sagesse : celui-là seul est digne de la liberté comme de la vie, qui sait chaque jour se la conquérir. De la sorte, au milieu des dangers qui l'environnent, l'enfant, l'homme, le vieillard, passent vaillamment leurs années. Que ne puis-je voir une activité semblable, vivre sur un sol libre, au sein d'un peuple libre! Alors je dirais au moment : Attarde-toi, tu es si beau! La trace de mes jours terrestres ne peut s'engloutir dans l'Œone. — Dans le pressentiment d'une telle félicité sublime, je goûte maintenant l'heure inellable.

Mais ce moment est aussi le dernier de son existence terrestre, le moment de sa mort !

On se demande comment il se fait que cette organisation ne s'élève pas plus haut que le pressentiment de l'amour sociale, comment il se fait qu'il ne lui soit donné qu'au delà des limites de cette vie d'atteindre cette activité souveraine et de la mettre en œuvre. Il y aurait bien (|uelque chose à dire là-dessus, mais une discussion semblable nous entraînerait sans doute trop avant dans le domaine de la théologie, et le lecteur nous saura gré de ne pas insister davantage. Contentons-nous d'émettre ici nos idées sur le développement ultérieur du personnage, sur ce développement suprême, le plus beau entre tous, qui, selon que le poëte l'a voulu, se laisse pressentir au moment où Faust subit la métamorphose de la mort. Là, en efl'et, s'ouvre une nouvelle période dans laquelle l'existence de l'être idéal féminin ne pouvait manquer de jouer un rôle solennel.

Ici commence le mystère. Je comparerais volontiers cette partie du Fansl à quelqu'un de ces anciens livres de chorals pour l'orgue, où le compositeur se contente de noter la marche de la mélodie, laissant à l'organiste le soin d'improviser l'harmonie et les variations selon son propre génie et selon les connaissances qui résident en lui des lois du contre-point el des ressources de son art. — En effet, celui dont l'intelligence ne surprend pas la vie chez ces pieux anachorètes, la vie plus palpitante encore dans ces cavernes granitiques que dans les peintures du Campo-Santo de Pise ; celui qui ne saisit pas dans toutes ses transfigurations ultérieures l'idée d'une personnalité envolée aux sphères de l'esprit, qui ne comprend pas qu'une idée, une monade, après avoir rejeté la forme accidentelle, puisse commencer une autre vie, el revêtir, auréole échappée à la mort, un nouvel état dans lequel les épreuves de l'existence accomplie n'ai)paraisscnt plus (toute conscience antérieure étant effacée) que comme de laborieux acheminements vers le bien ; — celui-là est un organiste vulgaire et qui fera bien de se tenir loin du choral de (ioethe; car dans cette conception extraordinaire, unique sans doute

DEUXIKME PAUTin. 7,01

(lopuis le Paradis do Dnnlo, il ne verrail, lui, qu'un lissu de formes arbilraires, al)slruse.s, et ne s'élèverail jamais à la coulemplaliou do ce magnili([ue spectacle. Au contraire, celui que l'éloile de poésie, l'étoile sonore illumine, celui qui saura évoquer dans sa pensée la symplionie glorieuse contenue dans le texte de fioetlie, celui-là verra tout un monde élliéré s'ouvrir à lui, celui-là plongera dans le mystère de chaque vision, et comprendra le sens des Enfants Bienheureux et la portée que Goethe donne à la transmission entre leurs mains de la partie immortelle de Faust :

Nous recelons avec joie GoUc clirysalide en proie A son travail glorieux.

C'est un gage précieux Que votre amour nous envoie.

Délivrez-le des flocons Qui l'environnent encore ; Dcj<à la céleste aurore L'éclairé de ses rayons.

Cependant un principe manque là encore, principe supérieur dont l'influence bien connue doit attirer Tàme vers un développement plus pur, plus spontané, plus individuel. — Une vision nouvelle commence :

Mais dans la nuée en flammes .l'aperçois de saintes femmes

Qui vont au ciel ; J'en vois une cpii rayonne Au milieu, sous sa couronne

D'astres en fleur :

C'est la Patronne divine , La Reine, je le devine

A sa splendeur.

Et maintenant voici venir au sein des plus hautes régions, dans la lumière la plus pure, glorieux et transfiguré, cet être dont l'innocence et la candeur paisible éveillèrent chez Faust, pour la première fois, le pressentiment de la satisfaction suprême, cet être qui ne faillit que par amour, et dont l'amour racheta la faute. -- Et quand on y réfléchit, n'était-ce point à cet être jadis nommé Gretchen, — qui déjà dans la vie tcircstre possédait plus de vraie science que le docteur dans sa fastueuse érudition, qu'il appartenait de conduire, comme Beatrix Dante, la personnalité de Faust en travail de transformation, vers la dernière de ces trois idées primordiales: beauté, bonté, vérité, vers la connaissance de la vérité divine et suprême? d'autant mieux que 3Iarguerite , en tant que féminin épuré, glorieux, éternel, est le symbole de cette amour sans l'opération delàquelle l'homme, dans le domaine de l'art, de la science ou de la vie, ne saurait accomplir rien de remarquable ou d'imposant, non plus que s'élever à l'intelligence de l'idée de Dieu.

Ineffable sympathie ! ascension éternelle! Marguerite attire Faust; la Vierge Marie, la Reine des Anges, attire Marguerite :

Monte toujours plus liant vers la spli^re divine, Il te suivra, s'il te devine.

Echelle de Jacob, échelle d'amour 1 ^

On le voit, loul le secret de réiiigme, s'il y a énigme, esl dans ce mol d'AMOuR, dans ce Verbe qui plane avec mater gloriosa aux plus pures régions de l'air. Si vous avez celle révélalion, vous ôles inilié. Il n'en faul pas davantage pour s'élever sur la Irace du poêle, el le suivre à travers les divagations lumineuses jusqu'à ce chœur mystique, dernière topaze placée si haut dans la vapeur et le bleu, ot dont l'œil de l'intelligence, accoutumé par degrés, aborde sans être ébloui la t'ansparence incandescente.

Essayons, en terminant, d'analyser mot pour mot ce chœur mystique, expression de l'œuvre tout entière , mystérieuse et dernière essence de ce magnifique Lotus qui s'est épanoui de nos jours sur le Rhin, el qu'on nomme le poëme de Faust. — Alles Vergä.ngliciie {lout ce qui passe) ; la vie, l'action humaine, la terre avec ses voluptés n'est qu'un symbole (ein Gleichniss), une image de la loute-puissance divine, de l'amour el de la fécondation universelles. L'homme a beau se creuser l'esprit, tous ses efforts n'aboutissent qu'à des rcsullals qui ne sauraient le satisfaire, qu'à I'insuffisant {das Unzulängliche). La nature et la vie ne peuvent conduire à la certitude; le symbole nous élève jusqu'à l'entité philosophique, jusqu'au souverain bien, à Dieu. L'iivénarrable {das Unbeschreibliche), l'union de l'àrae avec Dieu, le dernier but de toute activité, est atteint ; ce que l'intelligence ne peut comprendre , ce que la langue ne peut exprimer vient de s'accomplir par un miracle el par l'effet de celte amour dont le féminin SUPRÊME (das Ewig-Weibliche) est l'auguste symbole, de celle amour qui seule peut conduire l'homme à la plénitude de l'être, à l'intelligence complète des idées de beauté, de bonté, de vérité, qui seule développe en nous le sentiment de l'harmonie, et nous fait voir dans la création ce magnifique spectacle, cette divine Comédie dont le Seigneur parle aux Archanges dans le prologue.

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