‹ Le Faust de GoetheChapitre 160 sur 166 · RÉGION INFÉRIEURE · texte numérisé non relu

RÉGION INFÉRIEURE

FANTASMAGORIE d' EXÉCUTION.

Foule. Ils grimpent sur un arbre. Propos du peuple. Sol ardent. Le Spectre nu, les mains derrière le dos.

Où le sang humain coule à flots, La chaude exhalaison aide à toute magie ;

La grise et noire confrérie

Y puise une nouvelle vie

Pour des chefs-d'œuvre nouveaux.

Ce qui parle de sang attire notre race ;

Nous aimons ce qui le répand.

De feu, de sang, entourez cette place ! C'est dans le feu qu'il faut verser le sang.

La fille fait l'œil doux et cligne.

Et l'ivrogne boit, — c'est bon signe ;

Voilà du sang à souhait !

Le regard, le breuvage enflamme,

Le poignard montre sa lame,

Sa lame nue, et c'est fait!

Source de sang jamais seule ne coule, D'autres ruisseaux viennent s'y joindre en foule ; Ils serpentent et vont d'un champ à l'autre champ, Et le torrent entraîne le torrent.

La tête tombe. Le sang jaillit et éteint le feu. Nuit. Bruissement. Bavardage de goitreux. Faust

apprend.

Faust, Méphistophélès. Pour échapper à la suie des sorcières, faisons voile vers le sud. Mais là tu peux l'attendre à te trouver avec les curés et les scorpions.

Doux petit air, souffle-nous devant, soufUe-nous à l'encontre, car tu nous as réjouis dans les sentiers de la jeunesse!

GRAINDE ROUTE.

Une croix sur le chemin ; à droite, sur la colline, un vieux château ; dansl'éloignement, une cabane

de paysan.

Faust. Qu'y a-t-il, Mephisto? quelle hâte! Pourquoi baisses-tu les yeux devant la croix?

Méphistophélès. .Je le sais bien, c'est un préjugé; mais, une fois pour toutes, cela m'est en aversion. Personne ne doit sonder ma conscience ; j'ai souvent honte de ma race. Ils pensent, quand ils ont dit diable, avoir dit quelque chose de propre.

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