‹ Le Faust de GoetheChapitre 161 sur 166 · THÉÂTRE · texte numérisé non relu

THÉÂTRE

(L'acteur qui joue le Roi paraît être épuise.)

Méphistophélès. Bravo, vieux Fortinbras ! vieille chouette ! le voilà mal disposé; je te plains du fond du cœur. Allons, du courage ! Encore deux mots, nous n'entendrons pas de sitôt un roi parler.

Le chancelier. Aussi n'en avons-nous que plus souvent le bonheur d'ouïr les sages paroles de Sa Majesté l'Empereur.

TUOISIÈWE PARTIE. 571

Méphisïopiiélès. C'est tout autre chose; Votre Excellence n'a que faire de protester. Ce que nous (lisons, nous autres sorciers, c'est parfaitement sans conséquence.

Faust. Chut ! chut ! il se ranime.

L'acteur. Va, cygne antique! va! sois béni pour Ion chant suprême et tout ce que tu as dit de bon. Le mal que tu as dû faire est peu de chose...

Le maréchal. Ne parlez pas si haut, l'Empereur dort. Votre Majesté ne semble pas bien.

Méphistophélès. Sa Majesté n'a qu'à ordonner si nous devons cesser. Les Esprits n'ont, du reste, plus rien à dire.

Faust. Pourquoi roules-tu les yeux autour de toi?

Méphistophélès. Non; je cherche où les sagouins peuvent s'être fourrés; je les entends toujours parler.

C'est comme je le disais tout à l'heure, un...

L'évêque. Ce sont des idées païennes; j'en ai trouvé de la sorte dans Marc-Aurèle. Ce sont des vertus païennes.

Méphistophélès. Vices fastueux! d'où je conclus qu'il est jnste que les prisonniers soient condamnés en masse.

L'Empereur. Je trouve cela un peu dur; que dites-vous, Evèque?

L'ÉvÈQUE. Sans prétendre éluder la sentence de notre Église infaillible, il me semble cependant que...

Méphistophélès. Pardonner! des vertus païennes ! Je les aurais volontiers punis; mais puisqu'il en est ainsi, pardonnons. — Sois absous, toi, d'abord, et rentre dans le droit.

(Ils disparaissent sans puanteur.)

Le maréchal. Sentez-vous quelque chose?

L'évêque. Moi, non.

Méphistophélès. Ce genre d'Esprits ne pue pas, messieurs.

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